Pierre Okley

Pierre Okley (de son vrai nom Pierre Gilardeau), né à Nantes le 29 novembre 1929 et mort à Guérande le 26 octobre 2007, est un affichiste français, spécialisé dans le dessin de pin-up.

BiographiePierre Okley fait sa carrière à Paris où il a son logement dans le 20e arrondissement.
Les plus célèbres de ses affiches ont été réalisées pour le Moulin-Rouge, le Lido, le Châtelet, Mogador et les Folies Bergère, ainsi que Holiday on Ice de 1965 à 1986. Il représente parfois sa propre femme dans ses projets d’affiches.


Il fait partie, avec René Gruau, Brenot et Aslan des grands affichistes des années 1950 à 1970 spécialisés dans la représentation de femmes et plus particulièrement de pin-ups (parmi ses nombreux amis a noté the peters sisters, Dalida, Albert de Smet qui lui consacras un article dans paris montmartre). Okley était célèbre pour sa gentillesse et sa simplicité.


Carrière au cinéma

Pierre Okley est l’affichiste spécialiste des pin-up et du corps féminin, qu’il met en scène dans nombre de ses créations, tout particulièrement à la fin des années 1950.Ses affiches pour la publicité, les théâtres (Mogador, Châtelet), les salles de spectacle, empreints d’un érotisme courtois, ne peuvent qu’attirer la production cinématographique. Sa carrière pour le cinéma concerne essentiellement des films des années 1960. Spécialisé dans les portraits féminins, il en représente sur ses affiches, comme celle du film Les Vierges (Jean-Pierre Mocky, 1963). Notable exception, Un taxi pour Tobrouk (Denys de La Patellière, 1960), qui ne met en scène que des hommes. Commandée par Gaumont, l’affiche reproduit fidèlement les traits des trois protagonistes Lino Ventura, Charles Aznavour et Hardy Kruger.

Okley a réalisé une annonce publicitaire pour Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963), représentant Brigitte Bardot nue, allongée sur le ventre, les fesses couvertes seulement d’un livre ouvert. Il existe une affiche italienne, Il Disprezzo, 140 x 100 cm, qui reprend ce dessin mais en plus pudique : elle montre une “BB” vêtue d’un bikini. Schlock (premier film de John Landis, 1973) est l’une des dernières affiches de Pierre Okley pour le cinéma. Celle-ci montre une femme blonde dénudée dans les bras d’un gorille qui rappelle King Kong. La censure est respectée : la belle amazone arbore un soutien-gorge aux couleurs américaines.


Ils sont peu nombreux les Nantais, quelques cinéphiles peut-être, qui peuvent vous parler en connaissance de cause de Pierre Okley, de son vrai nom Pierre Gilardeau. Pourtant, l’homme est né à Nantes, le 29 novembre 1929. C’est aussi la ville qu’il a quittée alors qu’il avait à peine vingt-cinq ans et était encore un illustre inconnu.


Inconnu, le mot est peut-être sévère, surtout que ce passionné d’aviation et de dessin avait signé l’affiche du meeting aérien de Nantes en 1946 et remporté, devant 10 000 concurrents, le concours d’affiche organisé par la marque d’apéritifs Byrrh. C’est ce dernier succès qui va le décider à franchir le Rubicon, à se consacrer au dessin publicitaire.


Moulin Rouge, Folies Bergère, Casino de Paris…


D’autant que ses réalisations accrochent l’oeil et expliquent, mieux que de longs discours, pourquoi les publicitaires sont, à la fin des années cinquante, de plus en plus nombreux à lui confier des commandes, souvent pour de la lingerie féminine. C’est l’une d’elles qui le fera remarquer par la direction du cabaret La Nouvelle Ève, qui va lui confier la réalisation de l’affiche de sa nouvelle revue.


Son style, ses femmes aux longues jambes, vont faire de Pierre Okley l’illustrateur de référence des pin-up à la française : Le Moulin Rouge, Les Folies Bergère, Le Casino de Paris, Le Châtelet lui confient, à leur tour, la réalisation des affiches de leurs revues. Le cinéma lui fait les yeux doux, d’autant plus que son érotisme courtois ne choque pas. Bien évidemment, on lui demande d’illustrer des films où la femme est l’héroïne.


Lino Ventura moins sexy ?


Sur la douzaine dont il a réalisé les affiches une seule, celle d’Un taxi pour Tobrouk, fait des infidélités à la gent féminine, elle ne met en scène que des hommes. Bien que le film date de 1960, c’est la plus connue, pas seulement parce qu’elle représente Lino Ventura, Hardy Kruger et Charles Aznavour, les acteurs phares de ce film culte, mais du fait qu’elle résume toute l’histoire.


Toutes les autres illustrations, mêmes celles réalisées par Pierre Okley, pour les cirques Pinder, Bouglione ou Medrano, sont à la gloire de la femme. Ce que la ville de Toulouse a résumé, en 2001, dans une exposition : Okley, fou de femmes.


Autres activitésPierre Okley a réalisé de nombreuses affiches pour le théâtre du Châtelet, notamment lorsque celui-ci était spécialisé dans la production d’opérettes mettant en scène Luis Mariano ou Francis Lopez. Il est également l’auteur d’affiches pour les revues du Casino de Paris, des Folies Bergère, du Moulin Rouge, pour les cabarets L’Éléphant bleu ou La Nouvelle Ève. Il est enfin l’auteur de pochettes de disques pour Dalida, Marcel Merkès, Paulette Merval ou Annie Cordy.

GALERIE :

L’affiche : brève histoire d’un médium à part !

L’affiche est une forme d’art à part entière. Même si son usage a décliné depuis l’avènement des nouveaux médias, elle est toujours utilisée aujourd’hui. Qu’elle soit là pour promouvoir un produit, un lieu, un évènement ou une personnalité (exemple : affiches politiques), l’affiche est encore aujourd’hui un médium visuel fort pour le spectateur.

Un visuel percutant, un slogan puissant et la voilà qui gagne ses galons pour entrer dans la mémoire collective.

Qui ne se souvient pas de l’affiche de l’oncle Sam (« I Want You for US Army !« ) chargée d’enrôler les jeunes hommes à rejoindre l’armée ?

La célèbre affiche de l’Oncle Sam : « I Want You For U.S Army »

19ème siècle : les débuts de l’affiche

L’affiche a été utilisée en tant que moyen de communication et de publicité depuis le début des années 1800. Son évolution coïncide avec l’invention de la lithographie.

Cette technique de reproduction à grande échelle n’a été totalement maîtrisée que vers le milieu du siècle. La lithographie a en effet permis une production de masse bon marché, ce qui a engendré une véritable révolution dans le domaine de la communication.

On doit principalement cette dernière à l’affichiste français Jules Chéret. En inventant son procédé de lithographie à 3 pierres, celui-ci permet aux illustrations de s’enrichir aux niveaux des couleurs et à donner ses lettres de noblesse à l’affiche.

On a vu alors apparaître des affiches grand format sur les murs de la ville annonçant les nouvelles. L’art, toujours à l’affut de nouveaux support pour s’exprimer, y a trouvé une opportunité en or pour s’afficher (c’est le cas de le dire) aux yeux du grand public.

Les événements, tels que des spectacles de théâtre, les concerts / goguettes, le cirque et les ballets mais aussi des objets commerciaux comme les bicyclettes, les cigarettes, les produits cosmétiques et les magasins de mode se sont mis à employer l’affiche de manière frénétique.

Dès 1891, période de la Belle Époque en France, l’artiste Toulouse-Lautrec offre au monde la fameuse affiche promouvant le cabaret Moulin-Rouge. C’est par celle-ci que l’affiche atteint véritablement le statut d’œuvre artistique et que débute réellement « l’affichomanie » (l’engouement pour les affiches).

Affiche promotionnelle pour le Moulin Rouge, par Toulouse-Lautrec

Trois ans plus tard, c’est au tour de l’artiste tchèque Alphonse Mucha de créer le premier chef-d’œuvre au design Art Nouveau. Par les multiples influences qui habitent ses œuvres (pré-raphaélites, le mouvement Arts & Crafts, l’art byzantin…), ce style fleuri et orné devient le principal mouvement artistique décoratif international jusqu’à la Première Guerre Mondiale.

Une affiche publicitaire dans le style Art Nouveau, par Alfons Mucha

Dans chaque pays, l’affiche est utilisée pour célébrer les institutions culturelles uniques de sa société. En France, ce sont surtout les cafés et les cabarets qui sont mis à l’honneur. En Italie, l’opéra et la mode. En Espagne, les corridas et les festivals. En Allemagne, les foires et les magazines. En Angleterre et aux USA, les bicyclettes et le cirque se retrouvent en corpus des affiches.

Surtout, la percée de l’affiche dans les rues du monde entier permet aux artistes de sensibiliser le grand public à l’Art tout en gagnant une reconnaissance de ce dernier.

20ème siècle : l’affiche revêt un sens nouveau

Arrive ensuite la Première Guerre Mondiale, qui voit s’amorcer une mutation dans l’utilisation de ce médium. L’affiche se transforme en outil politique pour faire campagne et diffuser de la propagande.

Les affiches se mettent également à présenter des destinations de voyage. Les chemins de fer les utilisent aussi pour annoncer leurs horaires et destinations de manière créative. Plus tard, ce sera le cinéma qui les exploitera abondamment.

Une vielle affiche pour les Chemins de Fer

La typographie et les polices évoluent elles aussi pour se démarquer et offrir davantage de liberté aux créateurs.

Après la Première Guerre Mondiale, dans les années 20, l’Art Nouveau et sa flotte d’artistes associés à cette mouvance cède sa place à d’autres influences. Le Cubisme, le Futurisme, l’Expressionnisme et le Mouvement Dada deviennent les nouvelles tendances à la mode. Dans le même temps, les premiers cours de design graphique sont lancés en France, en Allemagne et en Suisse.

C’est aussi à cette période que diverses influences du monde de l’affiche s’unissent pour rentrer dans le nouveau mouvement Art Déco. Dans cette ère où prime l’industrialisation, le style, la puissance et la vitesse deviennent les thèmes principaux des affiches. Les formes sont simplifiées, deviennent plus fuselées, tandis que les typographies troquent leurs formes arrondies par des plus angulaires.

Une affiche dans le style Art Déco

Suite à la seconde Guerre Mondiale, le procédé de reproduction par pierres est abandonné au profit de la photolithographie, plus moderne et adaptée aux productions à plus grande échelle.

Durement concurrencée par les nouveaux médias (radio et télévision en tête), l’affiche connaît pourtant une nouvelle période d’effervescence. Les méthodes publicitaires se sont adapté à leur temps.

Un véritable « boom des affiches » se produit au début des années 1950, menant à l’émergence de deux styles distincts, un « consommateur » et un autre orienté « entreprise ». Le premier fait montre de couleurs vives et fantaisistes, tandis que le second, nommé Style Typographique International se voit plus rationnel et ordonné.

Les affiches réalisées dans le style des années 50 ont utilisé des couleurs vives et des motifs ludiques pour faire appel à un large public. Des artistes comme Herbert Leupin et Donald Brun en Suisse, Paul Rand aux États-Unis, et Raymond Savignac en France illustrent à merveille ce style. Le style des années 50 a été appliqué aux services aux consommateurs ainsi qu’aux produits.

Un style plus simple pour Savignac et son visuel pour les shampooings Dop (1953)

Les sixties voient réapparaître les vestiges des affiches surréalistes des années 20 mêlées de Pop Art et d’Expressionnisme. C’est à cette période que connaît le boom des affiches psychédéliques, miroir de la mode musicale de l’époque. Les affiches de concert du groupe Pink Floyd en sont un exemple parfait !

Les années 70 et 80 sont pour l’affiche l’ère Post Moderne. Menée par un jeune professeur du nom de Wolfgang Weingart, cette mouvance se veut à la fois l’héritage des anciennes influences mixées à celles de son époque. Complexes et chaotiques, ludiques et spontanées, les affiches Post Modernes représentent l’influence dominante de ce qui se fait toujours aujourd’hui en affichage.

De nos jours, le dynamisme artistique et la fonction commerciale des affiches ont diminué. Pour autant, elles demeurent un moyen culturel important qui permet une large expression visuelle d’idées et de croyances, à la fois politiques et individuelles. C’est sans doute aussi pour cela qu’autant de particuliers font appel à un imprimeur en ligne de brochures ou de posters pour personnaliser leurs foyers selon leur goût.

Les affiches engagent le monde et fonctionnent comme des baromètres sociaux et artistiques concernant les problèmes culturels, économiques et politiques quotidiens. Si vous aussi souhaitez afficher un bout d’histoire chez vous, Internet regorge de sites pour faire imprimer une affiche ancienne (Impression document : Affiches tarifs en ligne).

Pensez-y !

Source : out-the-box.fr

René Gruau

René Gruau, pseudonyme de Renato Zavagli-Ricciardelli delle Caminate1, né le 4 février 1909 à Rimini (Italie), et mort le 31 mars 2004 à Rome (Italie), est un illustrateuraffichiste et peintre franco-italien réputé pour ses illustrations pour la mode et la publicité.

Diaporama: quelques oeuvres du célèbre artiste Mr René Gruau et le cabaret

Biographie

Renato Zavagli est né d’un père aristocrate italien2, le comte Zavagli-Ricciardelli delle Caminate, et de mère française de l’aristocratie parisienne, Marie Gruau de la Chesnaie, dont il gardera plus tard le nom de jeune fille. Le couple se sépare alors que Renato Zavagli est encore jeune enfant ; il vit alors avec sa mère à Milan1.

Alors âgé de quinze ans en 1924 et abandonnant son idée de devenir architecte, René Gruau — il utilise le nom de sa mère et francise son prénom —, s’installe à Paris et publie son premier dessin de dessinateur de mode sur les conseils d’une rédactrice de mode italienne. Ses dessins paraissent à la suite en Italie, particulièrement pour le magazine de mode Lidel, mais aussi en Allemagne et Angleterre. À l’époque, les magazines utilisent plutôt des illustrations que des photographies. Dès 1930, il réalise une première illustration pour Balmain2.

De 1935 à 1939, sa réputation grandit, il est publié dans FeminaMarianneMarie ClaireSilhouettesL’Officiel, le magazine du Figaro, et d’autres publications aux États-unis et en Angleterre.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il vit à Lyon puis à Cannes. Alors installé à Cannes, 1946 marque réellement le début du succès, et sa première collaboration avec International Textiles3 pour lequel il dessinera toutes les couvertures jusqu’en 1984.

1947 marque le début de sa longue collaboration avec Dior avec lequel il participe à lancer le New Look d’après-guerre1. L’année suivante, il part aux États-Unis et travaille pour Harper’s Bazaar et occasionnellement pour Voguen 1, puis devient l’artiste exclusif de Flair.

À partir de 1956, il se consacre aux cabarets du Lido (il dessinera pour cet établissement jusqu’en 1994), du Moulin Rouge à partir de 1961, au Casino de Paris, et collabore avec Jacques Fath, l’entreprise Boussac propriétaire de Christian Dior, Eminence, Blizzand (imperméables). Au cours de sa carrière, ce sont 167 marques de luxe qui utilisent ses illustrations2. Il collabore également à de nombreux magazines pour les hommes comme AdamClub ou Sir6. Il dessine également pour le théâtre, des décors et des costumes. Ces années-là marquent la suprématie de la photographie au détriment de l’illustration dans la presse ; René Gruau va alors se spécialiser dans la publicité de mode en plus du théâtre, pour revenir de temps en temps vers le dessin de mode.

Signature de René Gruau

De 1950 à sa disparition en 2004 à Rome7, celui qui sera surnommé « le dernier survivant des grands illustrateurs de mode4 » alors que l’illustration a perdu dans les magazines sa prédominance face à la photographie, travaille pour les plus grands noms de la couture, BalmainBalenciagaGivenchyRochas tout en continuant les dessins de mode pour ElleVogueMadame Figaro, et L’officiel de la Couture8.

Dès 1977, mais surtout à partir de 1986, de nombreuses expositions de ses illustrationsn 2 ont lieu en France ou à l’étranger, retraçant une carrière d’illustrations définies par Stéphane Rolland comme « une grâce infinie, image d’un parisianisme mondain, détaché et insolent10. »

Dior

L’histoire de René Gruau est intimement liée à la marque Dior et son Couturiern 3 : tous deux sont de jeunes illustrateurs d’une vingtaine d’années lorsqu’ils se rencontrent en 1930 au Figaro11,12.

En 1947 son ami Christian Dior, lui commande le dessin publicitaire du premier parfum, Miss Diorn 4, ainsi que de la fameuse veste « Bar » symbole du New Look11. Il fait la campagne pour le second parfum, Diorama, la lingerie et les bas… Dans les années 1950, alors qu’il est demandé par tous les couturiers, Gruau dessine l’affiche de lancement de Diorissimo13, puis pour le rouge à lèvre Rouge Baiser14. Pourtant, la photographie remplace peu à peu l’illustration dans les publicités. Mais Dior reste fidèle. En 1968, c’est la campagne pour Eau sauvage qu’il signe, des dessins transformés en publicité télévisée15. D’autres œuvres resteront emblématiques : la ligne de maquillage Diormatic en 1971, le parfum Diorella daté de l’année suivante avec l’image d’une femme moderne en pantalon…

Il restera fidèle pendant quarante ans aux Parfums Christian Dior, jusqu’aux années 1980 où il signera la campagne de publicité du parfum pour homme, Jules6. René Gruau a, selon John Galliano, « capturé le style et l’esprit Dior16 », tout en mouvements, avec la représentation d’une Parisienne chic17, et à l’aide de ses trois couleurs fétiches : le rouge, le noir et le blanc.

Début 2011, Galliano présente une collection haute couture — sa dernière — en hommage au style fluiden 5, aux effets ombrés contrastés et couleurs en clair-obscur2,18, au trait noir et épais qui cerne la silhouette19 de l’illustrateur20,21,22.

Œuvres publiées

Illustrations

Dans un grand nombre de magazines dont:

  • Femina : (pages de mode et couvertures) de 1935 à 1939 et de 1945 à 1948, puis en 1952
  • L’Officiel : (pages de mode et couvertures) en 1940 et de 1946 à 1953 en 1958, 1960, 1964, 1968, et 1989
  • Adam : (couvertures et quelques articles) de 1948 à 1957
  • Vogue : (couvertures et pages de mode) de 1945 à 1948
  • Album du Figaro : (pages de mode) de 1945 à 1948
  • Plaisir de France : (pages de mode) en 1949, 1951 et 1953
  • Silhouettes : (pages de mode et couvertures) en 1941, 1942, 1944, 1945, 1948 et 1949
  • Madame Figaro : (pages de mode et couvertures) de 1986 à 1988
  • Marie-Claire : de 1940 à 1943
  • Chapeau mode :
  • Elle : en 1983

Parmi les magazines étrangers:

  • International Textiles (en), plus tard nommé The Ambassador : (pages de mode et couvertures) entre 1948 et 1986
  • Sir : entre 1969 et 1980
  • Lidel : (pages de mode et couvertures) de 1928 à 1932 et en 1935
  • Fortuna : (pages de mode et couvertures) en 1947 et 1948
  • Flair : (pages de mode et couvertures) en 1950
  • Club : (couvertures) entre 1949 et 1965
  • Magazine de la firme Bemberg (couvertures) en 1955, entre 1959 et 1962, en 1964, 1966, 1979, 1980 et 1986
  • Harper’s Bazaar, USA (pages de mode) en 1950
  • Die Dame aux environs de 1930
  • 15 août 1930 : Couverture de Lidel
  • août 1932 : Couverture de Lidel
  • 1936 : Chapeau Caroline Reboux, Publicité
  • avril 1938 : Alix, Fémina, Les Drapés
  • avril 1938 : Jean Patou, Fémina
  • avril 1938 : Madeleine Vionnet, dans Fémina
  • juin 1937 : Coco Chanel Fémina exposition
  • juin 1937 : Un nouveau drapé d’Alix ; Fémina exposition
  • 1941-1942 : Manteaux d’après-midi dans Silhouette
  • octobre 1943 : dans L’Officiel, publicité pour Perrin « La marque du gant et des spécialités couture »
  • 1946 : « Été » pour Vogue, publicité pour Dormeuil[réf. nécessaire]
  • décembre 1946 : « Bruyère » dans L’Officiel
  • Automne-hiver 1947 : Christian Dior, robe du soir Ispahan
  • décembre 1947 : Marcel Rochas dans L’Officiel, publicité
  • 1949 : 2e trimestre, Jeanne Lafaurie dans Silhouettes, publicité
  • octobre 1949 : Jacques Fath dans L’Officiel, publicité
  • 1950 : Publicité
  • 1951 : Couverture de Club
  • mars 1953 : pour Pierre Balmain, publicité dans L’Officiel
  • mars 1953 : Pour Givenchy, « Ensemble noir », couverture pour L’Officiel
  • juin 1953 : Adam, couverture
  • six couvertures de Club

Affiches

  • 1948 : Rouge Baiser, femme avec un bandeau sur les yeux ;
  • 1950 : Rouge Baiser, trois nouveaux modèles, femme avec un chapeau rond, femme avec une colombe devant le visage, femme avec une importante chevelure
  • 1950 : Le Bas Scandale ;
  • 1953 : Stemm,160 × 240 cm
  • 1953 : Ballet de Paris ; Roland Petit, 40 × 60 cm
  • 1953 : Concours de dessins de mode, 120 × 80 cm
  • 1953 : Pactol lave tout, 165 × 123 cm
  • 1955 : Fête de Printemps, fête des chapeaux, 60 × 40 cm
  • 1955 : French Cancan, affiche du film de Jean Renoir, 160 × 120 cm et format géant[C’est-à-dire ?]
  • 1956 : C’est Magnifique, pour le Lido, 40 × 60 cm et 100 × 150 cm et un horizontal pour format géant
  • 1957 : Prestige, pour le Lido, 40 × 60 cm et 120 × 150 cm
  • 1957 : Ortalion, parapluies et imperméables ;
  • 1957 : Ortalion, bas, deux modèles ;
  • 1959 : Avec Plaisir, pour le Lido ;
  • 26 octobre 1988 : Affiche pour la soirée des couturiers et créateurs de mode au profit des associations Le Cercle des Médecins et Arcat Sida.

Exposition

Citation

« Une robe réussie est celle qui a la netteté et l’aplomb d’un Gruau. »

— Christian Lacroix12

Erté

Erté

Erté est un artiste et un designer russe connu pour ses décors glamours de théâtre, ses bijoux, ses costumes et ses arts graphiques. Son travail est emblématique du style Art déco dans son utilisation de lignes effilées et d’ornementation simplifiée inspirées par le monde naturel. Né Roman Petrovich Tyrtov le 23 novembre 1892 à Saint-Pétersbourg en Russie dans une famille aristocratique, il déménage à Paris en 1910, désobéissant alors aux vœux de son père qui veut le voir devenir officier de marine. En 1915, il obtient un contrat avec le magazine Harper’s Bazaar et crée de nombreuses illustrations. Aujourd’hui, le travail d’Erté se trouve dans les collections du Met de New York, du Los Angeles County Museum of Art (LACMA) et du Victoria and Albert Museum de Londres. Il meurt le 21 avril 1990 à Paris.

Romain de Tirtoff dit Erté1, né le 10 novembre 18922 à Saint-Pétersbourg et mort le 21 avril 1990 à Paris 14e, est un artiste russe naturalisé français.

Biographie

Enfance

Né Roman Petrovitch Tyrtov (Роман Петрович Тыртов) à Saint-Pétersbourg, dans une grande famille dont les racines remontent à 1548, il dessine à 5 ans son premier costume, influencé par sa mère « à l’élégance raffinée » qui l’a inspiré plus tard dans ses images de femmes « fatales et sinueuses »4. Il est également fasciné par les revues de mode russes et parisiennes que sa mère regardait. Son père, l’amiral Pyotr Ivanovitch Tyrtov, attendait de son fils qu’il perpétue la tradition familiale en devenant officier dans la marine. Il suit d’abord des études à l’Académie de Saint-Pétersbourg et dans l’atelier d’Ilja Iefimovitch Repine (en 1906). Il prend les pseudonymes de Pitch et Tir et publie des croquis de mode dans la revue Damskij mir.

Erté 

Paris

Demoiselle à la balancelle

En 1907, à l’âge de quinze ans, il vient à Paris et fait quelques essais artistiques pour les maîtres en place, sous le pseudonyme Erté. Il réalise également une sculpture en bronze argenté, la Demoiselle à la balancelle, de style Art nouveau, laquelle est tirée à dix exemplaires. Il s’installe à Paris en 1910 puis à Boulogne-sur-Seine. En 1911, il suit des cours à l’Académie Julian tout en réalisant des dessins de mode. Il dira de cette année passée à Paris « I did not discover Beardsley until when I had already been in Paris for a year ». En 1912, Romain de Tirtoff obtient d’être envoyé à Paris pour apprendre le métier de designer. Il adopte un pseudonyme pour ne pas « déshonorer » sa famille. Il conçoit ses premiers décors pour la présentation de robes de bal de type oriental pour le grand couturier Paul Poiret, puis les décors pour la pièce Le Minaret en 1913 pour le directeur de théâtre Jacques Richepin. Sa carrière est lancée. Il dessine également à l’encre de Chine pour la Gazette du Bon Ton. Dès 1915, il obtient son premier contrat important, qui durera vingt-deux ans, avec le magazine Harper’s Bazaar puis mena à bien une brillante carrière de conception de costumes et de décors de théâtre.

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Dessins de mode

Couverture par Erté du Harper’s Bazar de février 1922

Erté est surtout connu pour ses élégants dessins de mode qui reflètent la période Art déco dans laquelle il vivait, le plus connu étant sans doute Symphonie en noir qui représente une grande femme élancée vêtue de noir et tenant en laisse un lévrier noir5. Ses personnages délicats et sophistiqués, ses dessins séduisants se reconnaissent tout de suite à leurs courbes géométriques et ses idées comme son art ont influencé la mode jusqu’au xxie siècle.

Il travaille pour Harper’s Bazar à partir de 1915 jusqu’à en devenir un symbole de ce magazine, mais également pour Vogue. Ruiné lors de la crise de 1929, il réduit ses prétentions6. En conflit avec la rédactrice en chef Carmel Snow, son contrat avec Harper’s Bazaar s’arrête. Il est remplacé au sein du magazine par Cassandre.

Couverture par Erté du Harper’s Bazar de février 1922
Erte Art Collection

Théâtre et cinéma

« De magnifiques costumes, conçus par Erté, le célèbre créateur de Russie, exclusivement pour ce film. » Promotion de 1920

Erté réalise ses premiers costumes de scène pour le théâtre de la Renaissance à Paris et pour la danseuse Mata Hari. On retrouve ses costumes et décors dans les Ziegfeld Follies de 1923. En 1925, Louis B. Mayer l’emmène à Hollywood pour concevoir les décors et les costumes du film Paris de Edmund Goulding. Toujours pour la Metro-Goldwyn-Mayer, il collabore à Ben-HurLa SorcièreLe Grand Destructeur (Time, the Comedian) et Dance Madness de Robert Z. Leonard et La Bohème de King Vidor.

Dans les années 1930, il dessine les costumes pour plusieurs spectacles des Folies Bergère et les George White’s Scandals à New York.

Lors des enchères de costumes de l’ancien music-hall des Folies Bergère, organisées à Paris en juin 2012, les sérigraphies d’Erté (série de 26 lithographies des lettres de l’alphabet et chiffres figurés par des corps de femmes7) ont été adjugées 25 000 €8.

Erté a travaillé toute sa vie pour des revues, des ballets et des opéras mais sa carrière s’est quelque peu arrêtée avec la Seconde Guerre mondiale. Il a également décoré des lofts, comme celui du Folie’s Pigalle9.

Peintre et sculpteur

Erté devient sculpteur en 1960 en réalisant notamment des œuvres fantastiques et abstraites en aluminium, en fer, en cuivre et en bois, peints de couleurs vives. Il expose en 1964 à la galerie Ror Volkmar à Paris. En 1967, le sociologue américain Eric Estorick (1913-1993), devenu marchand d’art londonien, relance sa carrière, cette fois ci en tant que peintre à la gouache. La renaissance de l’Art déco lui font connaître un très vif succès au cours d’expositions à Londres et à New York. En 1980, il réalise des sculptures en bronze patinées avec de la couleur10. Il crée aussi des bijoux et des objets d’art11. A la fin de sa vie, il collabore avec Georges Vriz pour la création de mobilier et la réalisation de son alphabet en marqueterie12.

Surnommé le « père des Arts déco »[réf. nécessaire], il a exercé une grande influence sur le style et le design du xxe siècle. L’influence exercée par Erté sur le style et la demande pour cet art subsiste. Il s’est aussi dirigé dans les gravures à édition limitée, les sculptures en bronze et le prêt à porter. Plusieurs de ses peintures figurent dans des musées du monde entier dont le musée 1999 à Tokyo qui possède une importante collection de ses œuvres, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Musée d’art du comté de Los Angeles, la Smithsonian Institution à Washington et le Victoria and Albert Museum à Londres.

Il meurt le 21 avril 1990 à Paris et est enterré au cimetière Pierre-Grenier (9e division) à Boulogne-Billancourt, où il résidait.

Hommages et distinctions

En 1971, une partie de son œuvre est présentée à la galerie Le Proscénium à Paris.

En 1976, il reçoit le titre d’officier des Arts et des Lettres. En 1982, la Ville de Paris lui remet la médaille de vermeil.