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Pierre Porte – compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et pianiste français


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Pierre Rambert

Pierre Porte – compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et pianiste français

Biographie : Pierre Porte – compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et pianiste français🎹 Site officiel :https://www.pierreportemusic.com/(source Wikipédia )🎹👉” Pierre Porte est un compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et pianiste français, né à Marseille, le 11 octobre 1944. Il est le père du compositeur Frédéric Porte.🎹

Jeunesse et formationPrix de solfège à douze ans au Conservatoire municipal de Marseille, Pierre Porte suit les cours de piano dans la classe d’André Millecam et la classe d’écriture (harmonie) dans la classe de Mr. Buisson au Conservatoire National de Toulon, puis de Paris (CNSM) dans la classe d’écriture-harmonie de Maurice Duruflé, de contrepoint dans la classe d’Alain Weber et de fugue dans la classe de Marcel Bitsch.🎹

FamilleSon frère Georges Porte est un saxophoniste de l’Orchestre d’harmonie de la Garde Républicaine sous la direction de Roger Boutry.Son fils Frédéric Porte, né en 1966, est un compositeur de musiques de téléfilms unitaires et de séries pour la télévision, notamment pour TF1.🎹

Carrière professionnelleSa carrière de chef d’orchestre et de directeur musical à la télévision démarre en 1970 lorsqu’il devient le collaborateur de Claude Bolling alors directeur musical et chef d’orchestre des grandes émissions en direct produits par Maritie et Gilbert Carpentier : “Devine Qui est Derrière la Porte”, “Deux sur la 2” et “A La Manière Deux” présentées par Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, “Top A…” “Numéro 1”. Au départ de Bolling en 1971, Pierre Porte reste seul à la direction musicale ainsi que le chef d’orchestre des mêmes émissions jusqu’en juin 1976.

En janvier 1977, il quitte les Carpentier pour rejoindre le producteur-présentateur Jacques Martin qui se voit confier la tranche 12h-22h chaque dimanche sur Antenne 2. Ses émissions intitulées “Bon Dimanche” sont réalisées en direct du Théâtre de l’Empire à Paris. Pierre assure la direction du Grand Orchestre chaque dimanche pendant deux saisons jusqu’en juin 1978. Il est aussi le compositeur des génériques : “Musique and Music” et “Bon Dimanche” (paroles de Jacques Martin), émission dont il assure la plupart du temps l’orchestration.Le 25 juillet 1978, il dirige le Grand Orchestre Philharmonique de Nice au Château de l’Emperi à Salon de Provence, pour un concert exceptionnel d’Ella Fitzgerald avec le Trio Flanagan, dans sa dernière tournée de Jazz Symphonique en Europe.En tant qu’arrangeur et orchestrateur, il travaille pour beaucoup d’artistes de variétés, notamment avec Jean-Jacques Debout et Chantal Goya sur plusieurs œuvres dont “Adieu les Jolis Foulards”, mais aussi en tant que “dance-arranger” pour les chorégraphies des shows au Palais des Congrès de Sylvie Vartan en 1975 et 1976, en collaboration avec le chorégraphe Walter Painter, shows pour lesquels il est également le chef d’orchestre.

Pierre Porte est aussi un compositeur de chansons pour de nombreux chanteurs et chanteuses dont Johnny Hallyday (Fou d’Amour co-composé avec Jean-Pierre Savelli, paroles Michel Mallory), Dalida (paroles Pascal Sevran), Thierry Le Luron (chanson : Un Peu d’Amour co-écrit avec André Lutereau, paroles de Charles Level), (chanson : Aux Couleurs de la France7, paroles de Charles Level), Marie Laforêt (chanson : Fais-moi l’Amour Comme à Une Autre), Prière à Marie (album les Prêtres – textes de Jean-Michel Di Falco et de Michel Jourdan) ou Mireille Mathieu (chanson : La Liberté sur l’Atlantique – co-composée avec André Lutereau), Swann FERRET (chanson : Crier la vie).Il a écrit trois chansons dont il est lui-même l’interprète : “La Fille du Mois de Mai” (sur un arrangement de Michel Colombier), “La Fille et Le Violoncelle” (paroles de Bernard Stéphane), “Entre Malaga et Corfou” (paroles de Charles Level).Il compose aussi des musiques pour le théâtre en collaboration avec Michel Emer pour Féfé de Broadway de Jean Poiret avec Jacqueline Maillan, mais aussi pour plusieurs longs-métrages réalisés par Christian-Jaque, Roger Vadim, Yves Boisset et Joseph Losey et pour des téléfilms réalisés par Claude Barrois, Michel Lang, Jean Hénin, Jean Dewever, Igaal Nidaam, Damiano Damiani et Hervé Baslé.C’est en 1982, qu’Hélène Martini directrice des Folies Bergère8 depuis 1974, lui confie sa première revue aux Folies Bergère, suivie d’une seconde revue en 1987, puis une troisième en 1992.

Et c’est en 1988, qu’il rencontre l’équipe du Moulin-Rouge pour lequel il composera une première revue “Formidable”, puis la revue actuelle intitulée “Féérie” qui débute en 1999.Le 18 janvier 1989 le président Jacques Chirac, alors Maire de Paris, lui remet un Discobole de la bande originale pour le CD de la revue “Formidable”, prix décerné par l’Académie du Disque Français.Pierre mène de front une carrière de chef d’orchestre, de compositeur et d’arrangeur mais aussi de pianiste10. Le 2 mai 1983, il jouera à l’Olympia en vedette, avec sur scène pour l’accompagner, la Chorale des Jeunesses Musicales de France, les chanteurs Liliane Davis et Olivier Constantin, son frère, le saxophoniste Georges Porte et le violoncelliste Jean-Philippe Audin entre autres.

La soirée sera immortalisée par un double album live, édité par les Disques Carrère sorti la même année.C’est en 1981 qu’il signe un contrat d’artiste avec une Major Company japonaise Victor Entertainment grâce à laquelle il enregistre une dizaine d’albums dans un style “easy listening” de compositions originales ainsi que des reprises de thèmes internationalement connus. Il fera plusieurs tournées au Japon avec le Grand Orchestre Pierre Porte dès 1982 ainsi que plusieurs récitals au piano solo.En 1998 il crée un groupe “Coeur à Cordes” composé de 8 musiciennes (7 cordes et une percussionniste) dont le premier violon Anne Gravoin. Cœur à Cordes fera une première tournée en Asie et notamment en Chine en septembre 2001.Actuellement, Pierre Porte poursuit sa carrière en se concentrant sur son instrument, le piano, avec lequel il travaille à la conception d’un nouveau projet artistique et scénique pour 2020/2021.🎹

Fonctions et engagementsCompositeur, directeur d’orchestre, arrangeur et pianiste pour des émissions de télévision🎹

Maritie et Gilbert Carpentier dans le studio 17 des Buttes-ChaumontPlus de 100 shows de Maritie et Gilbert Carpentier : Top à…, Numéro UnDirection musicale, direction d’orchestre, composition des génériques de l’émission Bon Dimanche de Jacques Martin.🎹

Compositeur de musiques pour le théâtre1975 – L’Impromptu de Marigny [archive] de Jean Poiret, au Théâtre Marigny (avec Michel Emer);1976 – Féfé de Broadway de Jean Poiret, au Théâtre des Variétés (avec Michel Emer).1976 – Spectacle de Claude Véga au Théâtre de la Renaissance.Pianiste de ConcertsTournées au Japon et en ChineGalas de prestige à Monte-CarloOlympia (Paris)Théâtre des Champs-Elysées (Paris)Club 58 (Genève)🎹

Compositeur pour le Théâtre des Folies BergèreLes Folies Bergère en 20111977 – Folies je t’adore de Michel Gyarmathy;1982 – Folies de Paris de Michel Gyarmathy;1987 – Folies en Folie de Michel Gyarmathy.🎹

Compositeur pour le Moulin Rouge1988 – Revue Formidable mise en scène par Doris Haug et Ruggero Angeletti1999 – Revue Féérie mise en scène par Doris Haug et Ruggero Angeletti🎹

Directeur d’orchestre1978 – Ella Fitzgerald en concert à Salon-de-Provence avec l’Orchestre Philharmonique de Nice1975 et 1976 – Spectacle Sylvie Vartan au Palais des Congrès1973 et 1974 – Thierry Le Luron au Théâtre des Variétés pour 120 représentations🎹

Compositeur de Chansonspour Dalida, Marie Laforêt, Marcel Amont, Thierry Le Luron, Johnny Hallyday, Jean-Pierre Savelli🎹

Compositeur de musiques de films longs-métragesIl est l’auteur des musiques film pour de grands réalisateurs, dont13 :1975 – Docteur Justice, film de Christian-Jaque;1975 – Monsieur Klein, film de Joseph Losey;1976 – Une Femme Fidèle, film de Roger Vadim;1986 – Bleu comme l’enfer, film d’Yves Boisset.Compositeur de musiques de téléfilms1976 – La Vie Parisienne de Christian-Jaque;1976 – La Chartreuse de Parme de Jean Dewever;1977 – Moulins à Vendre de Jean Dewever;1977 – Esprit de Suite de Jean Hennin;1991 – Softwar de Michel Lang;1991 – Van Loc : un Grand Flic de Marseille de Claude Barrois;1992 – Le Fils d’un Autre de Michel Lang;1992 – Secrets de Famille d’Hervé Baslé;1993 – La Voyageuse du Soir de Igaal Niddam;1995 – Baldipata de Michel Lang;1995 – Un Enfant de Trop de Damiano Damiani;1996 – La Cassure de Claude Barrois;1997 – Sans Cérémonie de Michel Lang.🎹

Compositeur de musiques pour des séries télévisées1989 à 1992 – Le Triplé Gagnant [archive] de Claude Barrois en 1989Friday Night Fantasy – Télévision japonaise1982 – G. Men 75 [archive] – Télévision japonaise1984 à 1986 – Avec Plaisir [archive] de Pierre Sisser1993 – Van Loc, le flic de Marseille : épisode La Vengeance de Claude Barrois1993 – Van Loc, le flic de Marseille : épisode La Grenade de Claude Barrois1994 – Van Loc, le flic de Marseille : épisode L’Affaire Da Costa de Claude Barrois1995 – Van Loc, le flic de Marseille : épisode Victoire aux Poings de Claude Barrois

Galerie photo et biographie de Liliane Montevecchi

Liliane Montevecchi est une actricedanseuse et chanteuse française, née à Paris le 13 octobre 1932 et morte à New York le 29 juin 2018

Extrait vidéo : Liliane Montevecchi – ‘Banana’ from King Creole

BIOGRAPHIE

Biographie

Liliane Montevecchi est une actricedanseuse et chanteuse française, née à Paris le 13 octobre 1932 et morte à New York le 29 juin 2018

Liliane Montevecchi naît le 13 octobre 1932 à Paris, dans le 15e arrondissement (16e?) où elle grandit, « mais attention, plus du côté chambre de bonne qu’hôtel particulier ! Pourtant je n’ai jamais vu ma mère mal habillée. C’est elle qui m’a donné le goût de l’élégance. »2.

Liliane Montevecchi prend à 8 ans ses premiers cours de danse classique avec Pierre Duprez, danseur étoile de l’Opéra. Elle réussit le concours du Conservatoire et complète sa formation durant deux ans, avec notamment Jeanne Schwarz et Mathilde Kschessinska, sur la scène du Théâtre national de l’Opéra-Comique. Elle apparaît pour la première fois sur une scène au théâtre des Champs-Elysées dans un ballet de David Lichine. Elle travaille ensuite avec Léonide Massine et danse à Monaco pour le couronnement du prince Rainier III en 1949.

Formée initialement à la danse classique, elle débute dans le music-hall, au Casino de Paris, avec Jean Guélis3.

Puis elle est recrutée comme danseuse étoile dans la compagnie de danse de Roland Petit4, qui lui offre d’abord le rôle principal du ballet chanté La Croqueuse de Diamants en 1951 au théâtre de l’Empire« J’avais 18 ans et Paris était à mes pieds, mais je pleurais car on m’applaudissait pour mon chant et moi je voulais être reconnue comme danseuse. »2.

Après une tournée internationale, le ballet s’installe au Broadway Theatre à New York où elle fait sensation. C’est ainsi qu’elle est découverte par John Houseman, le producteur du film Citizen Kane qui l’a fait recruter pour un contrat de huit ans à la MGM. C’est le début d’une carrière hollywoodienne pour Liliane Montevecchi. Elle débute en tournant La Pantoufle de verre avec Michael Wilding et Papa longues jambes avec Fred Astaire, dans lesquels elle apparaît aux côtés de la vedette Leslie Caron4. Liliane Montevecchi se familiarise avec l’anglais, les claquettes, l’escrime, et elle côtoie alors le tout-Hollywood, dont Arlene DahlGene KellyElizabeth Taylor et Clark Gable. Elle joue avec Stewart Granger dans Les Contrebandiers de Moonfleet, danse avec Cyd Charisse dans Viva Las Vegas en 1956 et joue avec Steve Forrest dans The Living Idol en 1957. Liliane Montevecchi quitte MGM avant la fin de son contrat pour tourner P’tite tête de troufion avec Jerry Lewis et Peter Lorre en 1957, Bagarres au King Créole avec Elvis Presley4 pour Paramount Pictures et Le Bal des maudits avec Montgomery CliftDean MartinMarlon Brando et Dora Doll pour 20th Century Fox en 1958. Elle prend des cours à l’Actors Studio à New York, où elle côtoie Marilyn Monroe.

Liliane Montevecchi remplace Colette Brosset, en 1958, dans la revue de Broadway La plume de ma tante, puis joue dans La Grosse Valse en compagnie de Louis de Funès durant les saisons 1962/63 au théâtre des Variétés5. Après des rôles à la télévision dans les séries telles que Playhouse 90 et Aventures dans les îles, à la fin de la décennie, elle choisit de quitter Hollywood pour devenir meneuse de revue à Las Vegas, partir en tournée avec la compagnie mondiale pendant neuf ans, puis poursuivre aux Folies Bergère de 1972 à 19784. Durant cette période, elle tourne avec Jean-Christophe Averty Musidora, avec Jean Yanne Chobizenesse et participe à de nombreux spectacles télévisés tels que les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, notamment avec Jacques Chazot, et la série Au théâtre ce soir avec Jean Le Poulain et Robert Hirsch (acteur).

Liliane Montevecchi est rappelée aux États-Unis pour l’ouverture du Casino d’Atlantic City, où elle se produit plus d’un an. Puis tente de revenir dans Hollywood, « J’ai traversé l’Amérique dans ma Cadillac avec mes trois chiens… Je suis arrivée à Los Angeles, plus personne ne me connaissait. Je voulais faire des films, je n’en ai pas fait… »2.

En 1982, elle est sur le point de rentrer en France, lorsqu’elle passe in-extremis des auditions pour la comédie musicale Nine. Elle est retenue, et son interprétation remarquable lui vaut d’attirer l’attention des critiques et du public, et les victoires à la fois des Tony Awards et Drama Desk Awards en tant que meilleure actrice de second rôle dans une comédie musicale4, dans le rôle de Liliane La Fleur, aux côtés de Raúl Juliá. Sept ans plus tard, elle joue dans Grand Hotel (en), et obtient une nomination au Tony Awards, en tant que meilleure actrice dans une comédie musicale. Ses succès et ses nombreux passages dans des émissions de la télévision américaine la font connaître du grand public américain.

Liliane Montevecchi part en tournée internationale avec son spectacle semi-autobiographique On the Boulevard et Back on the Boulevard4. En 1985, elle est également la vedette dans l’enregistrement de la version concert de Follies à l’Avery Fisher Hall, spectacle écrit par James Goldman et Stephen Sondheim, et joué par l’Orchestre philharmonique de New York.

À la télévision, elle apparaît dans de nombreuses séries. Elle apparaît aussi dans les films Wall Street et Comment se faire larguer en 10 leçons avec Matthew McConaughey, où elle porte l’Isadora Diamond de Harry Winston. Elle occupe également le haut de l’affiche dans Irma la douceGigi (en)6 et Hello, Dolly!7.

En 1999, Liliane Montevecchi remplace Eartha Kitt, dans le rôle de la méchante sorcière de l’Ouest, au sein de la production de Radio City Entertainment du Magicien d’Oz, aux côtés de Mickey Rooney, dans le rôle du Magicien, et de Jessica Grové, dans le rôle de Dorothy, au Madison Square Garden de New York8.

En 2001, elle joue le rôle de Mistinguett dans Mistinguett, la dernière revue de Franklin Le Naour et Jérôme Savary, avec Jean-Marc Thibault et Ginette Garcin, à l’Opéra-Comique.

À Seattle et San Francisco, elle connaît un grand succès en tête d’affiche à Teatro ZinZanni depuis sa création jusqu’en 2016, avec Frank Ferrante (en), Les Castors, Dreya Weber, Mat Plendl et de nombreux artistes, notamment dans le spectacle Bonsoir Liliane!, avec Kevin Kent, sous la direction de Tommy Tune et du chorégraphe Tobias Larsson en 2011. Elle participe à l’album The Divas avec Joan BaezThelma HoustonSally Kellerman, Christine Deaver, Debbie de Coudreaux, Francine Reed (en), Juliana Rambaldi et Kristin Clayton, sorti en 2006.

En décembre 2010, Liliane Montevecchi retrouve sur scène Kaye Ballard (en) et Donna McKechnie (en) dans une production de From Broadway With Love, sous la direction de Richard Jay-Alexander (en), au Lensic Theater à Santa Fe (Nouveau-Mexique). En 2012, elle apparaît dans la revue musicale Doin’ It for Love avec Kaye Ballard et Lee Roy Reams (en) à Austin (Texas) et Los Angeles, sous la direction de David Geist. Tous les bénéfices de ces spectacles ont été versés pour les droits et la protection animale11.

En novembre 2015, grâce au producteur Patrick Niedo, Liliane Montevecchi présente pour la première fois son spectacle musical Aller-retour au Vingtième Théâtre à Paris12.

En 2017, Liliane Montevecchi participe à l’enregistrement de l’album Les Funambules, un projet du compositeur Stéphane Corbin lancé en janvier 2013 afin de lutter contre l’homophobie et réunissant plus de 200 auteurs, interprètes, musiciens, arrangeurs, graphistes et photographes bénévoles, dont Annie CordyAmanda LearPierre RichardJean-Claude DreyfusDaveVirginie Lemoine, etc..

Le 12 juillet 2017, Liliane Montevecchi est l’invitée d’honneur de Francesca Capetta, avec Stacy Sullivan, pour rendre un hommage à Dean Martin dans une revue musicale intitulée Francesca Capetta Sings Dean Martin, A Centennial Celebration au Carnegie Hall à New York14.

Selon une personne qui l’a bien connue, elle passait tous les ans trois mois à Paris, à Montmartre près de la rue Dancourt. On peut voir sa photo au restaurant Le Bon Bock au 2, rue Dancourt.

Liliane Montevecchi décède à New York le 29 juin 2018, des suites d’un cancer. Elle repose auprès de sa mère au cimetière de Gambais.

Théâtre

  • 1952 : La Croqueuse de diamants, théâtre de l’EmpireParis
  • 1958 : La Plume de ma tanteBroadway
  • 1962-1963 : La Grosse Valse de Robert Dhérythéâtre des Variétés : Nana
  • 1964 : Folies Bergère, Broadway
  • 1982 : Nine, Broadway : Liliane La Fleur
  • 1984 : Gotta Getaway!Radio City Music HallNew York
  • 1986 : Irma La Douce, avec Robert ClaryAtlantic City
  • 1987 : Star Dust, Concert Reading, New York
  • 1988 : On the Boulevard, Kaufman Theatre, New York
  • 1989 : Nymph ErrantWest EndLondres
  • 1989 : Grand Hotel, Broadway : Elizaveta Grushinskaya
  • 1992 : Grand Hotel, tournée américaine : Elizaveta Grushinskaya
  • 1992 : Nine, West End, Londres : Liliane La Fleur
  • 1992 : Grand Hotel, West End, Londres : Elizaveta Grushinskaya
  • 1995 : Hello, Dolly! de Jerry Herman et Michael Stewart, Opéra royal de Wallonie, Liège.
  • 1996 : Gigi, avec Gavin MacLeod, Paper Mill Playhouse, Millburn
  • 1996 : Back on the Boulevard, Kaufman Theatre, New York
  • 1997 : Divorce Me, Darling!, tournée britannique
  • 1998 : Gigi, avec Gavin MacLeod, TX’s Theatre Under The Stars, Houston
  • 1998 : Follies, Paper Mill Playhouse Revival, Millburn : Solange Lafitte
  • 1999 : The Wizard of Oz, tournée américaine : the Wicked Witch of the West
  • 2001 : Mistinguett, la dernière revue de Franklin Le Naour16 et Jérôme Savary, avec Jean-Marc Thibault et Ginette GarcinOpéra-Comique17 : Mistinguett
  • 2002-2003 : Love, Chaos and Dinner, Teatro ZinZanni, San Francisco : Madame ZinZanni
  • 2003 : The Boy Friend, tournée britannique : Madame Dubonnet
  • 2007 : Love, Chaos and Dinner, Teatro ZinZanni, Seattle : Madame ZinZanni
  • 2008 : A La Folie!, avec Michael Davis (juggler) (en), Teatro ZinZanni, San Francisco
  • 2009 : Back on the Boulevard, Pizza on the Park, Londres
  • 2009 : Bottega ZinZanni : All Dressed Up with Someplace to Go, Teatro ZinZanni, Seattle : Dina Monte
  • 2009 : MajesticPalazzo, Vienne
  • 2010 : From Broadway with Love, avec Kaye Ballard et Donna McKechnie, Lensic Theater, Santa Fe
  • 2011 : Tigerpalast Varieté Show, Tigerpalast, Francfort
  • 2011 : Bonsoir Liliane!, Teatro ZinZanni, Seattle
  • 2012 : Doin’ It For Love, avec Kaye Ballard et Lee Roy Reams, à Austin et au Wilshire Ebell Theatre à Los Angeles.
  • 2014 : Broadway Babes One Night Only, avec Kaye Ballard et Donna McKechnie, Albuquerque
  • 2014 : Zazou, The York Theatre, New York
  • 2014 : Tigerpalast Varieté Show, Tigerpalast, Francfort
  • 2015 : Paris on the Thames, Brasserie Zédel, Londres
  • 2015 : 54 Sings Grand Hotel: The 25th Anniversary Concert, Feinstein’s/54 Below, New York : Elizaveta Grushinskaya
  • 2015 : An Intimate Evening with Liliane Montevecchi, The Mansion Inn, Rock City Falls
  • 2015 : Steve Ross on Broadway, Birdland Jazz Club, New York : invitée d’honneur
  • 2015 : “A Classic Night”: A Tribute to Liliane Montevecchi, Alvin Ailey Theatre, New York
  • 2015 : Tigerpalast Varieté Show, Tigerpalast, Francfort
  • 2015 : Aller-retour, spectacle musical avec Mathieu Serradell (piano) et Paul Rouger (violon), sous la direction de Patrick Niedo, Vingtième Théâtre18, Paris.
  • 2015 : Concert les Funambules, Sunset/Sunside, Paris
  • 2016 : Be My Valentine, Feinstein’s/54 Below, New York
  • 2016 : Liliane Montevecchi Live at Zédel, brasserie Zédel, Londres
  • 2016 : Tigerpalast Varieté Show, Tigerpalast, Francfort
  • 2016 : Hotel L’Amour, avec Frank Ferrante, Teatro ZinZanni, Seattle
  • 2017 : Ziegfeld Follies of The Air : The New 1934 Live from Broadway Broadcast Revue, Birdland Jazz Club, New York
  • 2017 : We’ll Take a Glass Together : The Songs of Wright & Forrest from MGM to Grand Hotel, avec Karen Akers (en), Ida K. Lang Recital Hall at Hunter College, New York
  • 2017 : Francesca Capetta sings Dean Martin : A Centennial CelebrationCarnegie Hall, New York : invitée d’honneur

Filmographie

Cinéma

Télévision

Téléfilms

  • 1960 : Les Neiges du Kilimandjaro (The Snows of Kilimanjaro)
  • 1966 : The Pickle Brothers : la princesse
  • 1973 : La Vie rêvée de Vincent Scotto : Gaby Deslys
  • 1973 : Musidora : Musidora
  • 1974 : Le Poulain au galop
  • 2000 : Of Penguins and Peacocks : Sarah Bernhardt
  • 2001 : An Evening with Rosanne Seaborn : Mrs. Mannering

Séries télévisées

Divers

  • 1955 : The Bob Hope Show : la star débutante
  • 1972 : 39e Gala de l’Union des Artistes au Cirque d’Hiver, présenté par Pierre Tchernia
  • 1972 : Midi Trente
  • 1972 : Top à Jean-Pierre Cassel
  • 1973 : Top à Jacques Charon
  • 1973 : 40e gala de l’Union des artistes
  • 1974 : Au théâtre ce soir (série télé) : Pétrus de Marcel Achard : Francine
  • 1974 : Top à Pierre Tchernia
  • 1975 : Numéro Un Roger Pierre
  • 1976 : Top à Marcel Amont
  • 1976 : 43e gala de l’Union des artistes
  • 1976 : Numéro Un Roger Pierre
  • 1977 : Circus of the Stars, CBS
  • 1983 : The 37th Annual Tony Awards : présentatrice
  • 1986 : The 1986 Miss America Pageant, NBC : membre du jury
  • 1986 : Follies in Concert, Great Performances, PBS : Solange Lafitte
  • 1990 : Champs-Elysées, émission présentée par Michel Drucker : invitée
  • 1990 : Night of 100 Stars III, NBC : elle-même
  • 1991 : The Tonight Show starring Johnny Carson, avec Jay Leno : invitée
  • 1994 : The 1994 MAC Awards : elle-même
  • 1997 : The Funny Face of Broadway de Rémy Batteault (documentaire)
  • 2001 : Tout le monde en parle, émission présentée par Thierry Ardisson : invitée
  • 2003 : Broadway: The Golden Age, by the Legends Who Were There de Rick McKay (documentaire)
  • 2009 : 42nd Street: River to River (documentaire) : elle-même
  • 2017 : Broadway: The Next Generation (documentaire)
  • 2018 : Broadway: Beyond the Golden Age (documentaire)

Discographie

Albums

  • 1981 : C’est beau l’amour à Paris / Grain de poivredisques Versailles
  • 1982 : Nine (Original Cast Album) de Maury Yeston (en)Sony
  • 1985 : Follies in Concert de Stephen SondheimRCA
  • 1990 : Nymph Errant de Cole Porter, EMI
  • 1992 : Grand Hotel: The Musical (Broadway Cast Recording) de Maury Yeston, RCA
  • 1992 : Nine de Maury Yeston (concert à Londres), RCA
  • 1993 : There’s No Business Like Show Business: Broadway Showstoppers, Sony
  • 1998 : Divorce Me Darling! de Sandy Wilson, Jay Records
  • 1998 : Follies: The Complete Recording de Stephen Sondheim, Tee Vee Toons
  • 1998 : On the Boulevard, Jay Records
  • 2005 : La Tournée des Grands Ducs, Idol/Marianne Melodie
  • 2006 : The Divas, One Reel/Teatro ZinZanni
  • 2015 : Broadway: The Great Original Cast Recordings, Masterworks Broadway
  • 2017 : Les Funambules de Stéphane Corbin, Blossom

Radio

Le 7 décembre 2015, Liliane Montevecchi fait son entrée dans l’équipe des Grosses Têtes sur RTL.

Anecdotes

Liliane Montevecchi a posé pour le peintre et sculpteur Arbit Blatas.

Elle a inspiré le personnage de Madame Liliane Zanzinni dans le livre intitulé La fabuleuse histoire de Madison Quigley.

Distinctions

Décoration

Liliane Montevecchi a été nommée officier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture et de la Communication en 2013.

Récompenses

Liliane Montevecchi a reçu un Tony Award et un Drama Desk Award du meilleur second rôle féminin dans une comédie musicale en 1982 pour sa prestation dans la comédie musicale Nine22.

En reconnaissance pour ses participations à de nombreux galas de bienfaisance pour la lutte contre le sida et la lutte contre le cancer, elle est distinguée, en 1985, par l’ordre souverain de Malte.

En 1995, elle a reçu le prix de la personnalité de l’année, de la Columbus Citizens Foundation (en).

En avril 2009, elle a reçu le prix d’artiste de l’année à l’occasion du 64e gala annuel de Boys Towns of Italy à New York23.

En janvier 2017, elle a reçu le Lifetime Achievement Award, de la Ziegfeld Society de New York

Galerie photo et biographie de Joséphine Baker

BIOGRAPHIE

Freda Josephine McDonalddite Joséphine Baker1, est une chanteusedanseuseactricemeneuse de revue et résistante française d’origine américaine, née le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri) et morte le 12 avril 1975 dans le 13e arrondissement de Paris.

Vedette du music-hall et icône des Années folles, elle devient française en 1937, après son mariage avec Jean Lion. Elle joue pendant la Seconde Guerre mondiale un rôle important dans la résistance à l’occupant. Elle utilise ensuite sa grande popularité au service de la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques. Sur décision d’Emmanuel Macron, l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker est annoncée pour le 30 novembre 2021.

Jeunesse

Freda Josephine McDonald enfant.

Freda Josephine McDonald, appelée plus tard de son nom de scène Joséphine Baker, naît le 3 juin 1906, aux États-Unis, dans le Missouri, d’origine espagnoleafro-américaine et amérindienne2,3. Elle descendrait probablement d’Eddie Carson, musicien de rue itinérant aux origines espagnoles4. Artistes, ses parents ont monté ensemble un numéro de chant et de danse mais Eddie Carson abandonne sa famille en 19075. Carrie McDonald, sa compagne, se remarie avec un ouvrier, Arthur Martin, dont Joséphine prend le nom6.

La jeune fille passe une partie de son enfance à alterner l’école et les travaux domestiques pour des gens aisés chez qui sa mère l’envoie travailler7.

À cette époque, Joséphine Baker n’a d’autre choix que de contribuer, par son salaire, à faire vivre la fratrie dont elle est l’aînée ; la famille est très pauvre et s’est agrandie : Carrie et Arthur ont eu trois enfants — Richard, Margaret et Willie Mae — qu’il faut nourrir8. Joséphine quitte l’école en février 1920 pour se marier, comme le mentionnent les registres de l’établissement public qu’elle fréquente à Saint-Louis6. Alors âgée de 13 ans, elle continue à vivre dans la maison des Martin9 avec son mari Willie Wells.

Débuts au music-hall

Artiste de rue

Après la fin de son premier mariage, en 1920, Joséphine Baker, qui danse depuis qu’elle est toute petite10, rejoint un trio d’artistes de rue appelé le Jones Family Band, qui est ensuite intégré dans la troupe itinérante des Dixie Steppers9. C’est au moment où leur tournée s’arrête à Philadelphie que Joséphine fait la rencontre de Willie Baker, qu’elle épouse en 1921 et avec qui elle s’installe11. Pour gagner sa vie, elle danse au Standard Theater, où elle gagne 10 dollars par semaine12.Joséphine Baker photographiée dans les années 1920 par Henri Manuel.

Danseuse à Broadway

Mais Joséphine Baker voit grand, et l’envie de danser à Broadway la pousse, âgée d’à peine 16 ans, à quitter son second mari pour aller tenter sa chance à New York. Une fois sur place, elle met peu de temps à se présenter au music-hall de Broadway, sur la 63e rue, le Daly’s 63rd Street Theatre (en). Là, elle essuie plusieurs refus de la part du directeur avant d’enfin se voir offrir un rôle sommaire. Elle rejoint donc la troupe de la comédie musicale Shuffle Along, un spectacle populaire à la distribution entièrement noire. Au bout de deux ans de tournée, elle change d’allégeance et s’associe aux Chocolate Dandies, qu’elle quitte à leur tour pour entrer au Plantation Club, où elle fait la rencontre de Caroline Dudley Reagan. Cette mondaine, épouse de l’attaché commercial de l’ambassade américaine à Paris, Donald J. Reagan, voit en Joséphine Baker un grand potentiel. Elle lui offre donc un salaire de 250 dollars par semaine si celle-ci accepte de la suivre en France, où Reagan veut monter un spectacle dont Joséphine Baker sera la vedette et qui fera d’elle une star : la Revue nègre13.

Carrière française

Joséphine Baker et sa troupe embarquent pour la capitale française le 25 septembre 1925 sur le Berengaria14paquebot transatlantique effectuant la traversée New-York-Cherbourg. Peu de temps après son arrivée, les répétitions commencent. Le 2 octobre 192515, elle passe en première partie dans la Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées et fait rapidement salle comble. Quasiment nue, vêtue d’un simple pagne, elle danse le charleston, dans un décor de savane et au rythme des tambours. Elle y interprète un tableau baptisé La Danse sauvage16. « Il s’agit bien ici de se moquer des blancs et de leur manière de gérer les colonies car la France, bien que moins raciste que les Etats-Unis, a tout de même des progrès à faire concernant les gens de couleurs et leur insertion dans la société ! »17 Pour elle, ce voyage sera vécu comme une libération. Elle dira à ce sujet : « Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris »18

Joséphine, après plus d’une centaine de représentations en France et à l’étranger casse son contrat et accepte de signer, en 1927, pour la première fois avec le théâtre des Folies Bergère pour une revue où elle joue un des premiers rôles. Dans « La Folie du Jour », elle porte plumes roses et ceinture de bananes, visible aujourd’hui au Château des Milandes. Elle est accompagnée d’un guépard dont l’humeur fantasque terrorise l’orchestre et fait frémir le public. Cette même année, la jeune star se lance dans la chanson et, suivant les conseils de son nouvel impresario et amant, Giuseppe Abattino (dit « Pepito »), elle participe au film La Sirène des tropiques. Giuseppe ouvre le club « Chez Joséphine » et organise la tournée mondiale de la chanteuse en 1928.

Giuseppe Abattino était un tailleur de pierre originaire de Sicile. Il fut souvent qualifié de « gigolo ». Sa liaison avec Joséphine Baker durera dix ans, de 1926 à 193619. En plus d’être son impresario, il jouera le rôle de manager et sera son mentor pendant toute la période de son ascension.

Dans le même temps, elle devient l’égérie des cubistes qui vénèrent son style et ses formes, et suscite l’enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires. À cette époque, elle rencontre Georges Simenon, qu’elle engage comme secrétaire.

Actrice du mouvement de la Renaissance de Harlem

Article détaillé : Renaissance de Harlem.

La carrière de Joséphine Baker était intimement liée au mouvement de la Renaissance de Harlem dont elle fut une militante acharnée20. Mouvement d’abord littéraire qui a pris sa source à Harlem, le mouvement de renouveau de la culture afro-américaine, dans l’Entre-deux-guerres prônait l’émancipation des Noirs américains confrontés à la ségrégation raciale depuis l’abolition de l’esclavage en 1865. Il regroupait des intellectuels et écrivains comme Alain Locke ou Marcus Garvey, des mécènes tels qu’Arthur Schomburg surnommé le père de l’histoire noire américaine, des photographes et sculpteurs ainsi que des musiciens comme Louis ArmstrongDuke Ellington ou Fats Waller.

Les lieux emblématiques du mouvement de Renaissance de Harlem comptaient le Cotton Club ou le Apollo Theater21.

Danseuse vedette de la Revue nègre

Article détaillé : Revue nègre.Joséphine Baker par Jean Chassaing (affiche, 1931).

Après la Première Guerre mondiale, le regard porté sur les Noirs en France se modifie, et dans le Paris des années folles, l’esthétique nègre devient à la mode. En 1919 est ainsi organisée la première exposition d’art nègre22, un ensemble d’œuvres artistiques non occidentales, sources d’inspiration pour les Fauves et les Cubistes23, dès 1907, à travers le musée d’ethnographie du Trocadéro24.

Sur les conseils du peintre Fernand LégerAndré Daven, administrateur du théâtre des Champs-Élysées, décide de monter un spectacle entièrement exécuté par des Noirs : la Revue nègre. L’Américaine Caroline Dudley compose la troupe à New York, constituée de treize danseurs et douze musiciens, dont Sidney Bechet, et Joséphine Baker en devient la vedette parisienne25,26.

L’artiste Paul Colin réalise l’affiche de la revue, visible au musée national de l’histoire de l’immigration27 : « Joséphine Baker y apparaît dans une robe blanche ajustée, les poings sur les hanches, les cheveux courts et gominés, entre deux hommes noirs, l’un portant un chapeau incliné sur l’œil et un nœud papillon à carreaux, l’autre arborant un large sourire ». L’œuvre, à l’esthétique Art déco, un peu caricaturale dans ses traits, parvient néanmoins au moyen de ses déformations cubistes à rendre perceptible le rythme syncopé du jazz, d’apparition récente en France à l’époque25,26.

De nombreux artistes afro-américains séjournent alors en Europe, à l’instar des peintres Lois Mailou Jones ou Henry Ossawa Tanner, des sculpteurs Augusta Savage ou Nancy Elisabeth, des poètes comme Langston Hughes ou des romanciers comme Claude McKay, et trouvent à Paris le lieu idéal pour prolonger la Renaissance de Harlem, appréciant une société plus libérale et l’absence de ségrégation25.

  • Joséphine Baker dansant le charleston aux Folies Bergère à Paris lors de la Revue nègre en 1926
    (photo de Waléry).
  • Joséphine Baker en costume burlesque dans La Revue des Revues en 1927
    (photo de Waléry).
  • Joséphine Baker croquée par Pierre Payen.
  • Fichier:Aankomst Josephine Baker-524881.ogvArrivée de Joséphine Baker à la Haye en 1928.

Magie noire

Joséphine Baker en 1930 (photo de Paul Nadar).

À cette époque elle aurait inspiré à Paul Morand une des huit nouvelles de Magie Noire (1928), celle qui met en scène la danseuse afro-américaine Congo, initiée aux pratiques vaudoues dans le Harlem des années 1920 ; dans cet ouvrage marqué par le fantastique et l’érotisme, l’écrivain rend hommage au génie de la culture noire, au moment où « l’art nègre » fait fureur dans certains milieux artistiques et mondains.

De la chanson J’ai deux amours à la Seconde Guerre mondiale

Joséphine Baker et son guépard au Casino de Paris
(affiche de Louis Gaudin, 1930).

Henri Varna, directeur du Casino de Paris par l’intermédiaire de son imprésario Émile Audiffred, l’engage pour mener la revue de la saison 1930-1931 et lui achète un guépard, nommé Chiquita28. En 1931, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson J’ai deux amours composée par Vincent Scotto29.

Quelques rôles lui sont proposés au cinéma par des cinéastes, tel Marc Allégret. Elle tourne ensuite dans deux films qui lui sont consacrés et dont Abattino écrit le scénario : Zouzou avec Jean GabinYvette Lebon, puis Illa Meery qui sera un temps la maîtresse du chef de la Gestapo française Henri Lafont, et la fameuse chanson Fifine (composée par Vincent Scotto, Henri Varna et Émile Audiffred) puis Princesse Tam Tam qui ne rencontrent pas le succès espéré. Sur les planches du music-hall, en revanche, elle rassemble un plus large public en chantant et en dansant même le tango Voluptuosa de José Padilla.

En octobre 1935, elle s’embarque à bord du paquebot Normandie pour une tournée d’un an aux États-Unis. Elle n’y rencontre pas la réussite escomptée. L’Amérique est sceptique et certains lui reprochent de parler parfois en français, ou en anglais avec un accent français. Pepito et Joséphine Baker se séparent après l’échec de ces Ziegfeld Follies.

Elle rentre en France en mai 1936, à nouveau à bord du Normandie, où elle se fait beaucoup d’amis. Elle acquiert la nationalité française29 en épousant, le 30 novembre 1937 à Crèvecœur-le-Grand, le jeune courtier en sucre Jean Lion30,16 (la société Jean Lion et Compagnie existe encore), Giuseppe Abattino étant mort d’un cancer à l’automne 1936. Jean Lion est juif, et aura à souffrir des persécutions antisémites. En 1937, le nouveau couple s’installe au château des Milandes à Castelnaud-Fayrac (aujourd’hui Castelnaud-la-Chapelle) en Dordogne. Elle surnomme la demeure son « château de la Belle au Bois dormant ». Elle reprend les tournées organisées par Émile Audiffred sous le label Audiffred & Marouani[réf. nécessaire].

Au service de la France libre

Joséphine Baker en 1939.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker met son talent musical à contribution en chantant pour les soldats alors au front. En septembre 1939, elle devient un agent du contre-espionnage français, traité par Jacques Abtey (chef du contre-espionnage militaire à Paris). À cet effet, elle fréquente la haute société parisienne, puis se mobilise pour la Croix-Rouge31,32. Après la bataille de France, elle s’engage le 24 novembre 1940 dans les services secrets de la France libre, toujours via le commandant Abtey, qui reste son officier traitant jusqu’à la Libération33, en France puis en Afrique du Nord où elle est sous la protection de Si Ahmed Belbachir Haskouri, chef du cabinet khalifien (du vice-roi) du Maroc espagnol32,34. Joséphine Baker arrive à Marseille pour des galas en 1941 avec l’aide d’Émile Audiffred, qui l’envoie en Afrique du nord retrouver les frères Marouani. Elle s’installe au Maroc entre 1941 et 1944, elle soutient les troupes alliées et américaines et se lance dans une longue tournée en jeep, de Marrakech au Caire, puis au Moyen-Orient, de Beyrouth à Damas, y glanant toutes les informations qu’elle peut auprès des officiels qu’elle rencontre35.Joséphine Baker en 1948.

Elle s’acquitte durant la guerre de missions importantes, et reste connue pour avoir utilisé ses partitions musicales pour dissimuler des messages. Lors de sa première mission à destination de Lisbonne, elle cache dans son soutien-gorge un microfilm contenant une liste d’espions nazis, qu’elle remet à des agents britanniques36. Engagée dans les forces féminines de l’Armée de l’air et nommée sous-lieutenant, elle débarque à Marseille en octobre 194433,16.

À la Libération, elle poursuit ses activités pour la Croix-Rouge, et chante pour les soldats et résistants près du front, suivant avec ses musiciens la progression de la 1re armée française33. Ses activités durant la guerre lui vaudront, après les hostilités, la médaille de la Résistance française avec rosette (par décret du 5 octobre 1946) 37 et, le 19 août 1961, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur et la croix de guerre 1939-1945 avec palme qu’elle reçoit des mains du général Martial Valin38.

Ambassadrice de la haute couture française

Joséphine Baker est l’une des premières ambassadrices de la haute couture française, « spécialement après la Seconde Guerre mondiale. La France était très pauvre, il n’y avait donc pas beaucoup d’argent pour promouvoir la haute couture française. Cependant, Joséphine Baker était une très bonne amie de Christian Dior et de Pierre Balmain et ils adoraient l’habiller. Revenue des États-Unis en 1949-1950, Joséphine a porté — dans un spectacle, sur scène — ces robes fabuleuses »39.

Rêve d’une fraternité universelle

Joséphine Baker en 1961 au Château des Milandes.

Après une grossesse à l’issue de laquelle Joséphine Baker accouche d’un enfant mort-né, elle contracte une grave infection post-partum et doit subir une hystérectomie à Casablanca en 194140.

Avec Jo Bouillon, qu’elle épouse en 1947, elle achète le château des Milandes en Dordogne qu’elle loue depuis 1937 et où elle vivra jusqu’en 196941. Elle y accueille douze enfants de toutes origines42 qu’elle a adoptés et qu’elle appelle sa « tribu arc-en-ciel »43,44.

Séparée de Jo Bouillon en 1957 (le couple divorce en 1961), elle engloutit toute sa fortune dans le domaine des Milandes, où elle emploie un personnel nombreux, et doit multiplier les concerts pour poursuivre son œuvre[réf. nécessaire].

Cause des Afro-Américains

Elle retourne aux États-Unis en 1947 et 1951 pour tenter de renouer avec le succès. Elle y est victime de la ségrégation raciale, notamment lors de l’incident du Stork Club (en) le 16 octobre 1951 : alors qu’elle accuse le journaliste présent, Walter Winchell, de ne pas l’avoir défendue, ce dernier agacé décide de briser sa réputation, la traitant de communiste, d’ennemie du peuple noir45.

En 1955, elle amplifie en Europe la vague d’indignation soulevée par le meurtre (dans le comté de Tallahatchie, Mississippi, États-Unis) du jeune Afro-Américain Emmett Till, suivi de l’acquittement des deux assassins, puis de leurs aveux cyniques après le jugement, une fois assurés de l’impunité46. Joséphine Baker est initiée, le 6 mars 1960, au sein de la loge maçonnique « La Nouvelle Jérusalem » de la Grande Loge féminine de France47. En 1964, Joséphine retourne aux États-Unis pour soutenir le mouvement des droits civiques du pasteur Martin Luther King. Elle participe en 1963 à la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté organisée par Martin Luther King, lors de laquelle elle prononce un discours, vêtue de son ancien uniforme de l’Armée de l’air française et de ses médailles de résistante36,16. À cette époque, elle est engagée dans l’action de la Ligue internationale contre le racisme (LICA) qui devient la LICRA en 198048,36,16. Son rapprochement, en 1938, de la LICA traduit sa sensibilité au sort des Juifs, notamment son mari, confrontés à un antisémitisme croissant16.

Cuba

Josephine Baker à La Havane, Cuba en 1950, par Rudolf Suroch

En 1931, le poète Alejo Carpentier publie un article où il rend compte de l’influence de la rumba cubaine sur les chansons de Joséphine Baker. Lors de ses tournées en Amérique latine, la chanteuse se produit à Cuba en 1950, en janvier 1951 puis en janvier 1952 mais lors de cette dernière date, elle est confrontée au racisme quand on lui refuse une chambre à l’hôtel Nacional. Deux mois plus tard, Fulgencio Batista revient au pouvoir par un coup d’État. Joséphine Baker s’était alors engagée à créer une organisation en Amérique latine contre le racisme : proche du couple présidentiel argentin, Juan et Eva Perón, elle ouvre une antenne à Buenos Aires et cherche à essaimer dans le sous-continent, notamment à Cuba. Elle est reçue par Batista, mais celui-ci, mis en garde par le Federal Bureau of Investigation (FBI) et la mafia, la traite avec mépris. Le fait que des militants anti-Batista assistent à ses shows n’aide pas sa situation. Le 13 février 1953, alors qu’elle est de nouveau en tournée à La Havane, se tient une manifestation étudiante sur le Malecón, violemment réprimée par le régime, et un jeune homme est tué. Sa dépouille est déposée dans le grand amphithéâtre de l’université et Joséphine s’y rend, afin d’assister à la veillée funèbre. Le lendemain, le corps est emmené au cimetière lors d’un défilé de plusieurs dizaines de milliers de manifestants, conduit par Fidel Castro. Joséphine Baker aurait ensuite décidé d’offrir les bénéfices d’un concert au parti castriste. Le 18 février, elle est arrêtée par les services de renseignement militaires de Batista, interrogée et finalement relâchée grâce à des diplomates français. Questionnée sur son prétendu communisme, elle nie, même si le FBI indique qu’elle s’était produite pour la SFIO pendant le Front populaire et qu’elle avait effectué une tournée en URSS en 1936. Si elle finit sa tournée le même mois au Teatro Campoamor, elle promet de ne plus revenir à Cuba tant que le régime de Batista ne sera pas tombé36.

De décembre 1965 à janvier 1966, elle est invitée à Cuba par Castro, qui a pris le pouvoir quelques années plus tôt. D’autres personnalités sont présentes, comme les écrivains Alberto Moravia et Mario Vargas Llosa et le couple Régis Debray et Elizabeth Burgos. Il se tient alors à La Havane un évènement d’importance, un rassemblement de dirigeants du Tiers monde (d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine), la Conférence tricontinentale, qui vise à émanciper ces pays des sphères d’influence soviétique et chinoise. Le FBI de Hoover, qui dispose d’un dossier sur Joséphine Baker à cause de son soutien aux Afro-Américains49, pourrait avoir pensé qu’elle y était l’envoyée du général de Gaulle, dans un contexte où la France envisage de faire sortir son pays de l’OTAN. De même, le contre-espionnage cubain cultive des doutes. En réalité, sa présence est, elle l’affirme, la poursuite de ses engagements antiracistes. Elle déclare ainsi dans une interview au quotidien Granma : « La Tricontinentale, c’est formidable avec ces gens de tous les pays, toutes les langues, toutes les couleurs. C’est une chance inouïe d’avoir un public pareil. Toute la race humaine réunie en une seule famille ». Avant le début de la conférence, elle rencontre Fidel Castro, et le met en garde sur le fait qu’on va essayer de l’assassiner50. On ne sait pas de qui elle tient cette information mais il est à noter qu’au même moment, des réseaux anti-Castro et des tentatives d’attentats sont neutralisés. Elle se fait remarquer pour son enthousiasme politique, chantant au siège de la délégation du Nord-Vietnam, se faisant acclamer place de la Révolution et jouant au Teatro Garcia Lorca devant Castro. L’une de ses prestations est même diffusée en direct à la télévision cubaine et elle enregistre un disque. Avant son départ, Castro l’invite à se rendre à la baie des Cochons, où un débarquement soutenu par les États-Unis avait échoué en 1961. Devant les journalistes, elle déclare : « Je suis heureuse d’avoir été le témoin du premier grand échec de l’impérialisme américain ! »36.

Elle quitte l’île à la fin du mois, mais promet de revenir en juillet, invitée par Castro à y passer ses vacances avec ses enfants. Victime de problèmes de santé à l’intestin, elle est hospitalisée à son retour à l’hôpital américain de Paris. De Gaulle lui envoie une immense gerbe de fleurs. L’été, elle retourne donc à Cuba et retrouve le Lider Maximo. On lui remet un brevet de lieutenant des forces armées révolutionnaires cubaines. En 1967, après la mort de Che Guevara, elle écrit une lettre de condoléance à Castro36.

Années difficiles

Salvatore AdamoLou van Rees(nl) et — en costume de scène — Joséphine Baker au Grand Gala du disque(nl), le 4 octobre 1964, au Concertgebouw à Amsterdam.Le 10 septembre 1969 à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol.

En juin 1964, Joséphine Baker, criblée de dettes et harcelée par le fisc[non neutre], lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne, où vivent ses enfants ; la mise en vente aux enchères du château est annoncée51.

Émue et bouleversée par sa détresse, Brigitte Bardot participe immédiatement dans les médias au sauvetage, et envoie un chèque important à cette collègue qu’elle ne connaissait pourtant pas directement52,53. Cependant le château est finalement vendu pour un dixième de sa valeur en 1968. Faisant jouer la loi française[Quoi ?], après avoir dû vivre dans la seule cuisine du château, et même passer une nuit dehors devant la porte, elle obtient néanmoins un sursis qui lui permet de rester dans les lieux, jusqu’au 15 mars 1969.

Jean-Claude Brialy la prend sous son aile et l’accueille dans son cabaret La Goulue pour se produire régulièrement à Paris. À la suite de son expulsion violente des Milandes[Comment ?], elle est hospitalisée un temps mais trouve rapidement les forces nécessaires pour assurer le spectacle. Le lundi, son jour de relâche, Joséphine parcourt l’Europe en solitaire pour aller honorer des engagements à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ou Berlin.

Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse d’origine américaine et artiste comme elle, lui offre alors un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie et l’invite à Monaco pour des spectacles de charité54,16. Aidée aussi par la Croix Rouge, Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l’Olympia, en 1968, puis à Belgrade en 1973, au Carnegie Hall en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974.

Lors de Mai 68, elle participe dans la tête de cortège à la grande manifestation de soutien à De Gaulle sur l’avenue des Champs-Élysées36.

Le 24 mars 1975, pour célébrer ses cinquante ans de carrière, elle inaugure la rétrospective Joséphine à Bobino, dont le prince Rainier III et la princesse Grace figurent parmi les mécènes. Dans la salle se trouvaient entre autres Alain de Boissieu, gendre de Charles de GaulleSophia LorenMick JaggerMireille DarcAlain DelonJeanne MoreauTino RossiPierre Balmain et la princesse Grace de Monaco, invitée d’honneur. Le spectacle, pour lequel toutes les places avaient été vendues des semaines à l’avance, ne recueillit pratiquement que des critiques extasiées. Après le spectacle, deux cent cinquante personnes étaient invitées à souper au Bristol.

Elle retrouve son appartement parisien le 9 avril 1975 alors que le rideau vient de tomber devant une salle enthousiaste pour sa quatorzième représentation55. Le lendemain matin, 10 avril, Joséphine Baker, victime d’une attaque cérébrale (hémorragie) est transportée dans un coma profond à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où elle meurt, le 12 avril, à 68 ans56.

Elle reçoit les honneurs militaires et des funérailles catholiques57 sont célébrées le 15 avril 1975 à l’église de la Madeleine, à Paris. Après des obsèques le 19 avril 1975 à l’église Saint-Charles de Monte-Carlo, elle est enterrée au cimetière de Monaco58,59,60,61. Le 30 novembre 2021 Joséphine Baker sera la première femme noire à faire son entrée au Panthéon ; toutefois, son corps restera à Monaco62.

Artiste

Bien qu’initialement Joséphine Baker ait été perçue comme une sensation exotique, une charmante afro-américaine au déhanchement incroyable63, elle a su se forger une solide réputation dans les hautes sphères de la société parisienne, pour qui elle en vint à incarner le personnage d’une Vénus d’ébène64. Elle a su intelligemment se servir de cette image et la manipuler à sa guise, façonnant elle-même son personnage public synonyme d’émancipation, symbolisant toute forme de liberté (du swing jusqu’aux droits civiques, en passant par la lutte contre le fascisme), et ne définissant sa destinée qu’à sa façon65.

Jean-Gabriel Domergue la peignit nue dans un tableau (1936)66 qui passa en vente publique à Lille le 28 mars 199967.

Contrairement à son pays d’origine, les États-Unis, où la ségrégation raciale a contrarié ses ambitions artistiques, Joséphine Baker a bénéficié, en France, d’une négrophilie ancienne et répandue durant l’entre-deux-guerres68. Dans ses prestations scéniques, elle a projeté un imaginaire colonial dans lequel le corps de la femme noire est érotisé, conformément aux stéréotypes raciaux européens de l’époque. À l’exotisme, attendu par son public et dont elle a assumé la promotion, la danseuse a cependant ajouté des facéties, dans la lignée de ses prédécesseurs Miss Lala, une artiste de cirque, et le clown Chocolat68. Restituant dans ses danses les qualités supposées propres aux peuples dits « primitifs », tout en tournant en dérision un symbole raciste comme la banane, la « première icône noire » a construit une personnalité ambivalente, qui a ravi un public aux attentes pétries de clichés racialistes et déplu à une intelligentsia qui lui a reproché, telle l’intellectuelle noire Paulette Nardal, de conforter les poncifs raciaux essentialisant la femme noire68.

Vie amoureuse

Joséphine Baker en 1940 (photo studio Harcourt).Signature de Joséphine Baker (dossier de naturalisation par mariage)Joséphine Baker photographiée par Carl Van Vechten en 1949.

Mariée cinq fois28, la vie amoureuse de Joséphine Baker fut cependant assez tumultueuse. Parmi les différents « hommes de sa vie », on peut évoquer :

  • Willie Wells : 1919-1920 (séparation). Elle se marie, à treize ans, avec cet ouvrier fondeur et travaille comme serveuse. Leur union se termine avec la bouteille que Joséphine lui fracasse sur la tête.
  • William Howard Baker : 1921-1923 (séparation). Suivant dans le nord des États-Unis la troupe des « Dixie Steppers », elle épouse, à quinze ans, William Baker, garçon chez Pullman, à Philadelphie. Elle le quitte pour partir à Paris, conservant son nom qui passe ainsi à la postérité.
  • Giuseppe (dit « Pepito ») Abattino : 1926-1936. L’union entre l’actrice et ce tailleur de pierre italien se prétendant comte n’a jamais eu de fondement légal. Il organise pour elle une tournée mondiale qui débute en mars 1928. AutricheHongrieYougoslavieDanemarkRoumanieTchécoslovaquieAllemagnePays-BasArgentineChiliUruguayBrésil : partout, son passage suscite la controverse, aiguisant sa popularité et contribuant fortement à la vente de ses disques et de ses Mémoires. L’échec des Ziegfeld Follies précipite leur rupture.
  • En 1929, sur le bateau qui les ramenait du Brésil, l’architecte Le Corbusier eut un coup de foudre pour Joséphine Baker. Il reste de leur rencontre des dessins de Joséphine réalisés par l’architecte, encore célibataire à cette date, mais il semble bien qu’une éventuelle liaison reste du domaine de la légende.
  • Jean Lion : 1937-1940 (divorce). En épousant le 30 novembre 1937 à Crèvecœur-le-Grand, ce jeune courtier juif de vingt-sept ans qui a fait fortune dans le sucre raffiné, Joséphine reçoit la nationalité française.
  • Jo Bouillon : 1947-1961 (séparation en 1957, divorce en 1961). Ce chef d’orchestre originaire de Montpellier accompagne GeorgiusMistinguettMaurice Chevalier et Joséphine à Paris et en tournée. Elle vit avec lui aux Milandes. Elle subit à ses côtés une fausse couche très violente. Alors, ils forment et réalisent ensemble leur projet d’adopter des enfants de nationalités différentes, afin de prouver que la cohabitation de « races » différentes peut fonctionner69. Finalement, ils adoptent douze enfants, qui deviendront sa « tribu arc-en-ciel »70,16.
  • Robert Brady : 1973-1974. Elle fait la connaissance de cet artiste et collectionneur d’art américain durant un de ses séjours aux États-Unis. Vu les échecs de ses quatre mariages précédents, ils décident d’échanger leurs vœux de mariage dans une église vide à AcapulcoMexique, mais se séparent un an plus tard.

Joséphine Baker était bisexuelle70,71,72. Mariée à plusieurs hommes, elle a également eu des relations amoureuses avec des femmes tout au long de sa vie d’adulte71. Elle n’a cependant jamais révélé au grand public cet aspect de sa personnalité71. Parmi ses amantes célèbres figurent l’écrivaine française Colette71 ou encore Frida Kahlo73Jean-Claude Baker (en), l’un de ses enfants, mentionne dans sa biographie de sa mère six de ses amantes qu’elle a toutes rencontrées au cours de ses premières années sur scène aux États-Unis : Clara Smith, Evelyn Sheppard, Bessie Allison et Mildred Smallwood, sa compatriote afro-américaine expatriée Bricktop et la romancière française Colette après son déménagement à Paris74.

Malgré sa propre bisexualité et son engagement contre le racisme (notamment avec sa participation à certaines actions du mouvement afro-américain des droits civiques70), elle a fait preuve d’homophobie71 en chassant de son foyer un de ses fils, Jarry Bouillon Baker, pour l’envoyer chez son père parce qu’il était homosexuel70. Selon celui-ci, elle craignait qu’il ne « contamine » ses frères70.

Filmographie

Opérettes et comédies musicales

Chansons

Sur scène à Oran en 1943.

  • 1930 : J’ai deux amours, paroles de Géo Koger et Henri Varna sur une musique de Vincent Scotto. En écoutant attentivement les enregistrements de l’époque, on se rend compte qu’elle modifia le premier vers du refrain de sa chanson fétiche (« J’ai deux amours, mon pays et Paris… »), qui devint après la guerre « J’ai deux amours, mon pays, c’est Paris… »
    C’est la chanson de Joséphine Baker, et jusqu’à la fin de sa vie, lorsqu’elle pénètre sur une scène, un plateau de télévision ou même dans un restaurant ou une boîte de nuit, l’orchestre s’arrête et se met à jouer invariablement les premières mesures du thème de cette chanson. Une scène de ce type est reprise dans le film La Rumba, la chanteuse Vivian Reed (en), jouant le rôle de Joséphine Baker.
  • 1930 : La Petite Tonkinoise, adaptation de la chanson créée par Polin en 1906, paroles de Georges Villard, musique d’Henri Christiné et Vincent Scotto.
  • 1934 : C’est lui, tirée du film Zouzou.
  • 1934 : Haïti, tirée du film Zouzou. Musique : Vincent Scotto, auteur : Émile Audiffred
  • 1935 : Sous le ciel d’Afrique, paroles d’André de Badet et musique de Jacques Dallin, tirée du film Princesse Tam Tam, avec les Comedian Harmonists.
  • Et aussi : Dis-moi Joséphine (adaptation française par Marc Cab77Léo Lelièvre et Henri Varna de la chanson hongroise Gyere Josephine, paroles de Laszlo Szilagyi et musique de Zerkovitz Bela), Chant d’amour de TahitiDoudouMon cœur est un oiseau des îlesNuit d’AlgerSans amourBye Bye BlackbirdDans mon villageC’est si facile de vous aimerParis…ParisDe temps en tempsVous faites partie de moi (I’ve Got You Under My Skin), C’est un nid charmantSi j’étais blancheParlez-moi d’amourSur deux notesJ’attendrai , La conga blicotiChiquita MadameSérénade CélesteDonnez-moi la mainParis, mes amoursBésame muchoYou’re driving me crazyVoulez-vous de la canne à sucre ?Mayari, Madiana, etc[réf. nécessaire].

Hommages

Dans les arts

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afficherCette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2021)

  • Alexander Calder réalise vers 1928 une œuvre en fil de fer la représentant, Joséphine Baker IV, exposée au Centre Pompidou à Paris78.
  • L’auteur-compositeur-interprète britannique et francophile Bill Pritchard rend hommage à Joséphine Baker dans deux de ses chansons : The Invisible State (1986) et Sheltered Life (1987), notamment pour son combat contre le racisme aux États-Unis et pour avoir courageusement assumé sa vie de femme libérée, bien en avance sur son temps.
  • Le chanteur-auteur-compositeur italo-belge Salvatore Adamo rend hommage à Joséphine Baker dans la chanson Noël sur les Milandes (album Petit Bonheur, 1970)79.
  • Le 3 juin 2006, pour célébrer le centenaire de sa naissance, une statue en bronze est inaugurée en bas du château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle en Dordogne, en présence de son fils aîné Akio et de Sonia Rolland. Cette statue fut commandée par l’association Opération Joséphine à la sculptrice Chouski. Cette association voulait rendre hommage à trois aspects de la personnalité de Joséphine Baker : son action de résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, sa lutte contre le racisme, et l’adoption de ses douze enfants.
  • Juillet 2006 : au Festival d’Avignon, création d’un spectacle de Pierrette Dupoyet : Joséphine Baker, un pli pour vous… retraçant l’épisode douloureux de l’expulsion des Milandes80.
  • L’album Hommage à Joséphine réalisé par le DJ Cédric Gervais pour le centenaire de la naissance de Joséphine mélange musiques électroniques actuelles et sonorités d’époque, il a été produit par le label Ethnic music avec l’accord des enfants de Joséphine.
  • En 2007 et 2008, la comédie musicale Jo et Joséphine lui est consacrée. Dirigée par Jacques Pessis, les têtes d’affiches sont Grégori Baquet et Aurélie Konaté. Celle-ci est nommée pour le Marius de la meilleure interprétation féminine dans un rôle principal81,82.
  • Le film L’Autre Joséphine coécrit par Philip Judith-Gozlin et Brian Bouillon-Baker, fils de Joséphine Baker, réalisé par Philip Judith-Gozlin, est sorti en 2009, il a été produit par la société audiovisuelle Golda Production.
  • L’opérette Simenon et Joséphine, composée par Patrick Laviosa, prend le prétexte de la rencontre (réelle) de Joséphine Baker et de Georges Simenon pour retracer la carrière des deux personnages. Elle a été créée à l’Opéra de Liège et financée par la Région wallonne.
  • Joséphine Baker est un personnage récurrent de la série de bandes dessinées Odilon Verjus écrite par Yann Le Pennetier et dessinée par Laurent Verron. Elle apparaît dans les tomes 4, 6 et 783.
  • La belle agent Joé est un personnage récurrent de la série de bandes dessinées Les Brigades du temps écrite par Kris et dessinée par Bruno Duhamel. Outre son nom et son aspect physique qui en fait le sosie de Joséphine Baker, le personnage lui-même est l’un des meilleurs agents des Brigades du temps, référence indirecte au rôle historique joué par Joséphine Baker dans les services secrets durant la guerre.[réf. souhaitée]

Lieux

Place Joséphine-Baker à Paris, dans le 14e arrondissement.

Divers

En 2021, une des promotions d’élèves de l’ENA (tour extérieur et cycle d’intégration des officiers) choisit le nom de Joséphine Baker87.

Documentaire

En 2021, un documentaire-fiction, intitulé Joséphine Baker, la fleur au fusil, lui est consacré dans le cadre de l’émission Secrets d’Histoire, présentée par Stéphane Bern88. À cette occasion, le dernier costume de scène et sa coiffe (inédit) de l’actrice ont été exhumés du conservatoire de Monaco pour le tournage89.

Entrée au Panthéon

Reprenant une idée de Régis Debray90,16, une pétition « Osez Joséphine » lancée à l’initiative de l’essayiste Laurent Kupferman soutient l’entrée au Panthéon de cette « artiste, résistante, féministe et militante antiraciste »91,16. Elle rassemble 37 920 signatures92,93.

Le 22 août 2021, le journal Le Parisien annonce l’accord d’Emmanuel Macron pour son entrée au Panthéon, qui se déroulera le 30 novembre93,94, jour anniversaire de sa naturalisation française, 84 ans auparavant (en 1937)95.

Décorations



Par Sylvie Perault :

Un article de Libération pour lequel j’ai eu le plaisir d’être interviewée en tant qu’ancienne girl et actuellement chercheur.

Article construit sur la base de “danseuses noires, analyse et permanence d’un stéréotype au music-hall” que j’ai écrit pour le CNRS.Très fière. J’ai du attendre un peu car réservé aux abonnés…Danse«La Revue nègre»: Joséphine Baker et le pouvoir de la grimace Poussée à danser seins nus à son arrivée à Paris, l’artiste parvient par son espièglerie à se jouer des clichés racistes et à désamorcer l’érotisation du corps noir, tout en piochant avec brio dans des figures du jazz alors inconnues en Europe.

Josephine Baker (1906-1975), artiste de music-hall américaine dansant avec sa ceinture de bananes dans la Revue “Folie du jour”. Paris, 1926-1927. ((c) Lucien WalÈry / Roger-Violl/(c) Lucien WalÈry / Roger-Violl)par Ève Beauvallet publié le 26 novembre 2021 à 20h31 La ceinture de bananes. La danse de la poule. Les yeux qui roulent. Et après ? Etrange : on connaît si mal les danses de Joséphine Baker alors que ce sont elles, sans doute, qui racontent le mieux la circulation interculturelle de l’époque, les fantasmes coloniaux d’alors et l’infime espace laissé aux artistes pour les subvertir.

Quand la danseuse américaine débarque à Paris en 1925, les spectateurs français sont en plein exotismomania. Depuis 1889, en effet, le public se presse lors des expositions universelles pour découvrir diverses «danses exotiques», souvent présentées dans des dispositifs de «zoos humains». On se bouscule pour voir danser les «indigènes» parce que la danse, alors, est vue comme l’élément le plus flagrant des différences culturelles.

A peine quelques décennies plus tôt, la valse était encore scandaleuse et voilà que l’on s’emballe pour les danses du ventre, danses de Java, d’Asie, entraîné par des milieux artistiques – Picasso et Cocteau en tête – qui, à partir de l’immédiat après-guerre, n’ont que les arts dits «primitifs» et les «folies nègres» à la bouche.

A l’avant-garde de ces milieux artistiques, Rolf de Maré. Tout nouveau propriétaire du Théâtre des Champs-Elysées, le producteur rêve alors d’un show qui incarne et impulse l’émancipation corporelle des «Années folles». Et qui de mieux que les noirs, se dit-il alors, pour cristalliser tout ça, avec leurs corps «spontanés», soumis aux rythmes, non-aliénés par la civilisation, proches de la nature et de ses instincts primaires ? Problème : par «noir», Rolf de Maré pense «Afrique».

Or, avec la Revue nègre, spectacle qu’il achète sans l’avoir vu en 1925, il se retrouve avec des Afro-Américains. Panique : «Pas assez nègre !» s’écria-t-il en découvrant la troupe. Heureusement, il y a cette jeune danseuse, là, qu’on pourrait faire danser seins nus avec un collier de plumes. Joséphine Baker refuse. Et, très vite, se ravise. «A ce moment-là, observe Sylvie Perault, chercheuse et ex-danseuse de music-hall, elle accepte d’être érotisée, mais trouve le moyen de désamorcer la charge sexuelle en poussant à l’extrême ses grimaces.» Et en remixant à très grande vitesse un répertoire de danses métissées alors inconnues en Europe.Renvoyer les stéréotypes à l’envoyeur

Trois ans auparavant, elle dansait aux Etats-Unis dans Shuffle Along, la première revue «noire» destinée à un public mixte et qui restera pour longtemps le modèle de la comédie musicale américaine. C’est grâce à ses talents comiques qu’elle fut choisie pour participer à la Revue nègre, et c’est son art du détournement qui sauvera finalement la troupe aux Champs-Elysées. La danseuse et chorégraphe Raphaëlle Delaunay a passé du temps sur YouTube à analyser les archives de Baker, fascinée par son «espièglerie», sa façon «de renvoyer les stéréotypes à l’envoyeur».

«A première vue, dit-elle, elle semble gesticuler en totale improvisation.» Pourtant, les mouvements de Baker témoignent d’une grande connaissance des figures du jazz, des «danses animalières» qui font fureur alors aux Etats-Unis («trot de la dinde», «glissade du singe», etc.) mais aussi d’une diversité de danses de rue ou de club afro-américaines, vernaculaires et trop peu documentées, qu’elle remixe à la sauce clown. «Aujourd’hui, sa danse parle beaucoup, entre autres, aux danseurs de hip-hop, explique-t-elle. D’une part parce qu’il y a beaucoup de passages au sol (très avant-gardiste à l’époque), beaucoup de bassin comme dans le twerk, et parce que sa danse est très graphique, elle isole des parties du corps, avec des lignes, des angles cassés, des coudes.

C’est presque de la breakdance avant l’heure et ça résonne aussi avec la modernité artistique des années 20, qui pense, conçoit et peint le corps de manière fragmentée.»Ainsi, Joséphine Baker parvint à évoquer, avance Sylvie Perault, «une Afrique imaginaire suffisamment occidentalisée pour être vue, comprise et admirée. Elle a pu avoir cette carrière parce que sa danse n’était pas trop “africaine” – les danses d’Afrique de l’Ouest sont beaucoup plus dans le sol, par exemple, alors que les danses afro restent plus verticales». Malheureusement, de Joséphine Baker, le music-hall retiendra surtout la «femme sauvage» – elle fut la première à l’être sur scène – imposant à sa suite la norme suivante : «Il y aura pendant des décennies, quelque part sur scène, une femme typée déguisée en félin, qui évolue dans une cage ou dans des cordes et qu’il faudra toujours “capturer”.»

L’acolyte masculin de Joséphine Baker aux Folies Bergère, le Franco-Sénégalais Féral Benga est quant à lui tombé dans les oubliettes de l’histoire après avoir été la coqueluche du Paris des années 1930. Tous les soirs, il jouait les travestis et devint «l’affreux nègre» qui «singeait remarquablement Miss Baker», écrivait le Nouveau Siècle en 1926. Dans la Revue de Chaillot, l’historien Pascal Blanchard lui consacre un passionnant portrait.

Sylvie Perault

Galerie photo de Zizi Jeanmaire

Extrait vidéo : Zizi Jeanmaire – Medley 1979

Renée Marcelle Jeanmaire, dite Zizi Jeanmaire, née le 29 avril 1924 à Paris 14e (France) et morte le 17 juillet 2020 à Tolochenaz (Suisse), est une danseuse de balletchanteusemeneuse de revue et comédienne française.

BIOGRAPHIE

Renée Marcelle Jeanmaire, dite Zizi Jeanmaire, née le 29 avril 1924 à Paris 14e (France) et morte le 17 juillet 2020 à Tolochenaz (Suisse), est une danseuse de balletchanteusemeneuse de revue et comédienne française.

Danseuse

Zizi Jeanmaire entre à l’âge de 9 ans, en novembre 1933, à l’École de danse de l’Opéra de Paris où elle a pour condisciple le jeune Roland Petit (1924-2011)1. Tous deux intègrent en 1940 le corps de ballet et en démissionnent quatre ans plus tard. Elle admire particulièrement Yvette Chauviré[réf. nécessaire].

Pendant la guerre, elle étudie aussi chez Boris Kniaseff avec Yvette Chauviré2.

Alors que Roland Petit se tourne vers la chorégraphie, Renée danse avec les Ballets de Monte-Carlo avant de rejoindre l’année suivante la troupe des Ballets des Champs-Élysées que vient de créer Roland Petit. Elle la quitte quelques mois plus tard pour retourner à Monte-Carlo3 mais retrouve Roland Petit en 1948 aux Ballets de Paris qu’il vient de fonder au théâtre Marigny et dont elle devient la danseuse étoile. Le chorégraphe veut une danseuse androgyne et lui fait adopter une coupe à la garçonne, coiffure qu’elle ne quittera plus4.Zizi Jeanmaire en 1962.

En février 1949, elle crée le rôle-titre du ballet Carmen d’après Bizet sur une chorégraphie de Roland Petit, qui va se jouer dans le monde entier et notamment à New York sept mois durant, suivi en 1950 de La Croqueuse de diamants, toujours sur une chorégraphie de Roland Petit, chansons de Raymond QueneauN 1. Elle a, entretemps, troqué son prénom contre le surnom de Zizi (surnom dont chacun, depuis l’enfance, affuble la danseuse, depuis qu’elle répondait à sa mère « Mon p’tit zizi » quand celle-ci l’appelait « Mon p’tit Jésus »)4,5. Le réalisateur-producteur Howard Hughes, nouveau patron de la RKO, la repère et la fait venir à Hollywood où elle tourne dans Hans Christian Andersen et la Danseuse aux côtés de Danny Kaye, Roland Petit réglant les chorégraphies.

Music-hall

De retour à Paris, Zizi Jeanmaire se brouille avec Roland Petit et quitte les Ballets de Paris pour jouer à Broadway la comédie musicale The Girl in Pink Tights. Jeanmaire, comme l’appellent simplement les Américains, part ensuite pour Hollywood où elle recroise Roland Petit qui vient d’achever la chorégraphie de Papa longues jambes avec Fred Astaire et Leslie Caron (qui avait fait ses débuts avec Petit dans les Ballets des Champs-Élysées). La réconciliation débouche sur un mariage, le 29 décembre 19541, un film (Anything Goes avec Bing Crosby) et une fille, Valentine (née en 1955)1.

De retour en France, Roland Petit profite de son expérience américaine pour se lancer dans un nouveau genre avec La Revue des Ballets de Paris, créée au théâtre de Paris en 19566, puis La Revue à l’Alhambra en 1961 (à l’occasion de laquelle est créé le célébrissime numéro Mon truc en plumes dans des costumes d’Yves Saint Laurent)7, et faisant de Zizi Jeanmaire une figure emblématique du music-hall auquel elle va consacrer désormais, hormis quelques incursions au théâtre et au cinéma, l’essentiel de sa carrière8,9.

Chanteuse

Zizi Jeanmaire a chanté, entre autres, des œuvres de Serge GainsbourgGuy Béart, de Jean Ferrat. En 2000, elle passe en revue et en chansons sa carrière, interprétant aussi quelques titres composés par sa fille Valentine Petit9.

Mort

Zizi Jeanmaire meurt le 17 juillet 2020 à l’âge de 96 ans à Tolochenaz en Suisse10,11. D’anciens danseurs lui rendent hommage, tel que Manuel Legris qui écrit sur Instagram :« Une femme et une artiste exceptionnelle nous quitte. Zizi Jeanmaire restera à jamais dans nos mémoires, unique et inimitable. Zizi on t’aime »12.

Elle est inhumée dans la plus stricte intimité au cimetière du Montparnasse (division 13), auprès de son époux Roland Petit.

Filmographie

Théâtre

Discographie(liste non exhaustive)

45 tours EP

  • 1957: Zizi Jeanmaire 1. Chansons du film Folies-Bergère, avec André Popp et son orchestre. Philips France 432.140 NE. La croqueuse de diamants – Paris-Bohême – La java – Ça c’est Paris
  • 1957: Zizi Jeanmaire 2e série. Chante Guy Béart. Philips France 432.152 NE. La brave fille – Il y a plus d’un an – Je suis la femme – La corde au cou
  • 1958: Zizi Jeanmaire 3e série, avec Michel Legrand et les Fontana. Philips France 432.207 BE. Chansons du film Charmants garçons : La gambille – Qu’on est bien – Charmants garçons. Moi, si je le voulais, je le pourrais.
  • 1961. Zizi Jeanmaire chante Bernard Dimey, avec Jean-Michel Defaye et son orchestre (4e série). Philips France 432.567 BE. La cervelle – Les p’tits hôtels – Il nous faut des chansons – Le nougat.
  • 1961. Zizi Jeanmaire et Roland Petit chantent Irma la douce. Philips 432.528 BE. Ah ! dis donc, dis donc – Me v’la, te v’la – Irma la douce – Avec les anges.
  • 1962. Zizi Jeanmaire 5e série, avec Jean-Michel Defaye et son orchestre. Philips France 432.725 BE. Eh ! L’amour – Toto l’aristo – Mon bonhomme – La vengeance.
  • 1962. Zizi Jeanmaire 6e série. Mon truc en plumes (Paroles: Bernard Dimey, musique: Jean Constantin) – Drôle de musique – Je te tuerai d’amour – Les bras d’Antoine.
  • 1963. Zizi Jeanmaire chante Paris. Pergola – 450.082 PAE. Sous les ponts de Paris – Paris je t’aime d’amour – À Paris dans chaque faubourg – Paris canaille.
  • 1968. Zizi Jeanmaire. AZ – EP 1199. Bloody Jack – D’aventure en aventure – La rupture – Parapet-parapluie.
  • 1969. Zizi Jeanmaire. AZ EP 1267. Le caviar – Petit “a” petit “b” – Qui c’est qui – Ma valse.

33 tours 25 cm

  • 1956. Irma la douce (Zizi Jeanmaire, Roland Petit, Les Quatre Barbus, Luc Davis). Philips France N 76.093 R. Ah ! dis donc, dis donc – Me v’la, te v’la (avec Roland Petit) – Irma la douce – Avec les anges (avec Roland Petit).
  • 1957. Zizi à l’Alhambra, avec Michel Legrand et son orchestre. Philips France N 76.096 R. Ah ! dis donc, Dis Donc – Il y a plus d’un an – Les tatouages – Avec les anges – Paris-Bohème – La brave fille – La Java – Je suis la femme – La croqueuse de diamants.

33 tours 30 cm

  • 1958. Zizi Jeanmaire sings, with Michel Legrand and his orchestra, and others with André Popp and his orchestra. Columbia USA WL 108 (Compilation). Ah ! dis donc, dis donc – La croqueuse de diamant – La java – Ça c’est Paris – La brave fille – Il y a plus d’un an – Paris-Bohême – Je suis la femme – La corde au cou – Irma la douce – Me v’la, te v’la – Avec les anges.
  • 1965. Zizi Jeanmaire (The irresistible Zizi sings showstoppers from her origial french review recorded in Paris). Philips USA PHS 600-161 et PHM 200-161. La cervelle – Les bras d’Antoine – Les yeux brillants – Les tatouages – Drôle de musique – La gambille – La croqueuse de diamants – Mon truc en plumes – Je te tuerai d’amour – Mon bonhomme – Eh ! l’amour – Toto l’aristo.
  • 1968. Zizi Jeanmaire à l’Olympia. AZ Stec 49. Introduction – Les mots de tous les jours – Bloody-Jack – Quelle gueule elle a – Tu es la moitié de ma vie – Je me Champsélyse – Sex-Made – La chabraque Nous dormirons ensemble – Mon truc en plume – Hell is a city – Bête à dire – Avec toi c’est autre chose.
  • 1969. Zizi Jeanmaire, Étoile de plumes (compilation). Fontana 826.511 QY. Mon Truc En Plumes – Ah ! Dis-Donc, Dis-Donc – La Cervelle – Qu’on Est Bien – Les P’tits Hôtels – Drôle De Musique – Irma La Douce – Les Bras D’Antoine – Je Te Tuerai D’Amour – Le Nougat – Il Nous Faut Des Chansons – Mon Bonhomme.
  • 1970 : La Revue de Roland Petit au Casino de Paris, chansons de Roger Dumas et Jean-Jacques Debout, sauf Toi et ton sax (paroles de Brigitte Fontaine, musique d’Olivier Bloch-Lainé), arrangements : Jean-Claude VannierOuverture – La Grande Vie – Rétrospective : C’est vrai/En douce – Toi et ton sax – Mademoiselle Alaska – Bing Bing Bang – Mon truc en plumes (instr.) – Ami, Amour – Lettre à Johnny – Je cherche un homme – Te quiero, Ich liebe dich – Bleu, blanc, rouge
  • 1972 : Zizi je t’aime, enregistré au Casino de Paris en 1971. Chansons de Serge Gainsbourg, sauf Just a GigoloZizi t’as pas de sosie – À poil ou à plumes – Le Rent’dedans – Tout le monde est musicien – Élisa – Les Millionnaires – Les bleus sont les plus beaux bijoux – Just A Gigolo – King Kong – Dessous mon pull (Finale)
  • 1977 : Zizi à Bobino, chansons de Serge GainsbourgQuand ça balance – Rétro Song – Mesdames, mesdemoiselles, mes yeux – Yes man – Merde à l’amour – Ciel de plomb (Stormy Weather) – Tic-Tac-Toe – Vamps et vampires
  • 1984 : Hollywood Paradise, chansons de Pierre Grosz et Cyril AssousHollywood Paradise – Rosée du temps (Tear-Drops) – Ça j’sais l’faire – Mister Hugues et moi – Lui, toujours lui – Paris – Punching ball – Voleur – Le zip – C’est tout ça l’Amérique
  • 1995 : Zizi au Zenith, chansons de Serge GainsbourgZizi t’as pas ton sosie – Élisa – À poils ou à plumes – Rétro song – Bloody Jack – King Kong – Parisiana – Tic-Tac-Toe – Ces petits riens – Les Bleus – La Vie Zizi – Tout le monde est musicien – Quand ça balance – Mon truc en plumes (remix)
  • 2000 : La Vie Zizi, textes de Raymond Queneau – disques Yvon Chateigner
  • 2003 : La liberté est une fleurlivre-disque sur des textes de Marcel Aymé et Raymond Queneau en partie inédits mis en musique ou réorchestrées par Richard Galliano et Michel Legrand – Actes Sud

Vidéographie

  • 2007 : Plumes et Diamants, réalisation Jean-Christophe Averty, chorégraphie Roland Petit. Coffret contenant Plumes et Diamants (1982), Zizi aux Bouffes-du-Nord (1988), Zizi au Zénith (1995), Zizi Jeanmaire 2000 (2000) et en bonus : la création de Mon truc en plumes (1961)13 – Bel Air Classiques

Publications

Citation

« […] Elle a des yeux à vider un couvent de trappistes en cinq minutes. […] »

— Boris Vian14

Jean-Marie RIVIÈRE – BIOGRAPHIE

Jean-Marie Rivière

alias connus : Jean Marie RIVIERE 28/05/1926 – 23/04/1996

Jean-Marie Rivière est un acteur, metteur en scène et directeur de music-hall français, né le 18 mai 1926 à Bergerac et mort le 23 avril 1996 dans le 13e arrondissement de Paris.« Figure emblématique du monde du spectacle », il fut longtemps considéré comme l’un des « rois » des nuits parisiennes.

Il a successivement fondé et animé le Café des Arts à Saint-Tropez, les cabarets parisiens de l’Alcazar (1968), l’Ange Bleu et le Paradis latin (1977).

Découvreur de talents (par exemple Arturo Brachetti), « son héritage inspire encore de nombreuses scènes mondiales .

»Comédien

1955 : La Grande Felia de Jean-Pierre Conty, mise en scène Christian-Gérard, Théâtre de l’Ambigu

1955 : Les Amants novices de Jean Bernard-Luc, mise en scène Jean Mercure, Théâtre Montparnasse

1956 : La Nuit romaine de Albert Vidalie, mise en scène Marcelle Tassencourt, Théâtre Hébertot

1957 : Les Hommes du dimanche de Jean-Louis Roncoroni, mise en scène Georges Douking, Théâtre de la Michodière

1957 : Concerto de Jean-Jacques Varoujean, mise en scène Jean Chapot, Théâtre de l’Œuvre

1957 (septembre) : Bircotte dans la nuit de Claude Spaak, mise en scène J. G. Chauffetaux au Théâtre en rond de Paris

1958 : Le Pain des jules d’Ange Bastiani, mise en scène Jean Le Poulain, Théâtre des Arts

1959 : Le Carthaginois d’après Plaute, mise en scène Daniel Sorano, Théâtre du Vieux-Colombier

1960 : Le Zéro et l’Infini de Sidney Kingsley, mise en scène André Villiers, Théâtre AntoineMetteur en scène

1977 : Au plaisir Madame de Philippe Bouvard, Théâtre MichelFilmographie

1955 : Gas-oil de Gilles Grangier. Un gangster.

1956 : Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville. P’tit Louis, un gangster

.1957 : Trois jours à vivre de Gilles Grangier : un comédien

1957 : Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Régamey. Un ami d’Angelo (Non crédité).

1958 : Le Dos au mur d’Édouard Molinaro. Paul.

1958 : Le Désert de Pigalle de Léo Joannon. Raymond.

1958 : Le Gorille vous salue bien de Bernard Borderie. Valério.1959 : Le Petit Prof de Carlo Rim. Le camarade de chambrée (Non crédité).

1960 : Hold-up à Saint-Trop’ de Louis Félix.

1960 : Le Saint mène la danse de Jacques Nahum. Un voyou.

1961 : Cocagne de Maurice Cloche.

1961 : Les Godelureaux de Claude Chabrol

.1961 : Saint-Tropez Blues de Marcel Moussy. François.

1962 : Le Gorille a mordu l’archevêque de Maurice Labro.

1963 : Commandant X de Jean-Paul Carrère – Titre de l’épisode : Dossier Elizabeth Grenier (Saison 1, Épisode 2) : un invité

1964 : D’où viens-tu, Johnny ? de Noël Howard. Tardivet.

1970 : Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! de Michel Audiard. Le mari de Lucette.

1970 : La Brigade des maléfices de Claude Guillemot – Titre de l’épisode : Les dents d’Alexis (Saison 1, Épisode 5). Pierrot la valise.

1977 : Un juge, un flic de Denys de La Patellière – Titre de l’épisode : Les drogueurs (Saison 1, Épisode 5). L’animateur.

1978 : Le Dernier Amant romantique de Just Jaeckin.

1980 : Tous vedettes de Michel Lang. Lui-même (Non crédité).

1986 : Paulette, la pauvre petite milliardaire de Claude Confortès. Dominique.1986 : Série noire de Pierre Grimblat – Titre de l’épisode : La nuit du flingueur (Saison 1, Épisode 20). Koenig.

1986 : Monte Carlo de Anthony Page. Henri.

1987 : L’heure Simenon – Titre de l’épisode : Le temps d’Anaïs (Saison 1, Épisode 1). Serge Nicolas.RadioRadioscopie, Radio France, 9 juin

1978 DocumentaireAndré Halimi, Jean-Marie Rivière, de l’Alcazar au Paradis latin, France, 2007, 75 min. Diffusé sur France 3 le 29 décembre 2007

La Goulue, la pétillante reine du cancan meurt à Paris le 29 janvier 1929

Célèbre affiche de Toulouse-Lautrec en 1891 représentant La Goulue, danseuse de French cancan à la Belle Époque. Rue des Archives/PVDE

Il y a 90 ans, La Goulue, célèbre danseuse, icône du cancan et du Moulin-Rouge à la Belle Époque, s’éteignait dans la misère. À travers notre abécédaire, redécouvrez la vie rocambolesque de cette personnalité haute en couleur.

En partenariat avec RetroNews, le site de presse de la BnF

Blanchisseuse, danseuse, star du Moulin Rouge, dompteuse de fauves, La Goulue est avant tout une insoumise qui menait une vie affranchie de tout carcan mondain. C’est une femme libre, généreuse et fantasque comme la dessine la journaliste Maryline Martin dans une récente biographie. En quelques lettres, retour sur la drôle de vie d’une vraie saltimbanque.

C comme Clichy-la-Garenne

Louise Weber dite la Goulue naît à Clichy-la-Garenne (92) le 13 juillet 1866. «Je suis née à Clichy. Maman tenait une blanchisserie. Et mon plus grand plaisir était d’essayer le beau linge» confie-t-elle au Journal en décembre 1913.

Ses parents sont d’origine alsacienne. Sa mère abandonne rapidement le foyer familial, puis son père, amputé des jambes à la suite de la guerre de 1870, meurt de ses blessures. Recueillie par un oncle, Louise part vivre à Saint-Ouen. C’est alors qu’elle rencontre le grand amour avec un certain Edmond et qu’elle découvre les bals. La jeune fille devient familière du Moulin de la Galette et de l’Élysée Montmartre et ne rêve que de danser: «J’ai couru les bals, je dansais à me faire sauter le cœur» précise-t-elle. Parallèlement, elle exerce le métier de blanchisseuse.

D comme domptueuse

Après s’être fait un bien joli nom dans la chorégraphie, La Goulue souhaite essayer un autre métier. Elle saisit la cravache de la dompteuse et ainsi taquine le lion. L’audacieuse prend quelques leçons auprès du dompteur Pezon et une fois bien entraînée, ouvre à la fête des Batignolles une baraque de fauves. «À vrai dire, ce n’est pas une baraque somptueuse que celle de la Goulue, ce n’est pas une de ces ménageries qui coûtent plusieurs

Premiere page du “Petit journal” du dimanche 24 janvier 1904 : Drame sanglant dans une menagerie : La goulue et son mari aux prises avec un puma — Bloody tragedy in a menagerie : the goulue and her husband with a puma, front page of newspaper “Petit journal” january 24, 1904

centaines de mille francs, c’est une tente modeste dont la décoration intérieure est constituée par une abondance d’andrinople surchargée, de place en place, par des bouquets de lauriers que cueillera, un jour, sans doute, la nouvelle dompteuse, car elle en est encore aux débuts» décrit Le Temps du 16 septembre 1899. La jeune femme affirme au journal qu’elle tourne la page, elle arrête le métier de danseuse: «Oui, monsieur, fini, bien fini; je me donne tout entière aux fauves». Elle assure connaître «son affaire».

Une nouvelle vie débute pour la saltimbanque qui va promener sa ménagerie dans les foires parisiennes. En 1904, La Goulue et son mari sont victimes d’un accident sanglant lors d’une représentation. Attaquée par un fauve, elle frôle la mort sous les yeux horrifiés des spectateurs.

F comme French cancan

On doit à La Goulue la création d’un spectacle dans les années 1889 de «quadrille dit réaliste» qui se termine par une séquence appelée le Chahut. Cette fameuse danse reste célèbre à l’étranger sous le nom de French cancan. Elle inaugure les exercices acrobatiques avec un remuement fiévreux des dessous: jupons blancs garnis de volants, larges pantalons de lingerie sans oublier les jarretières. À la fin de la danse, une ou deux femmes se détachent du groupe et tombent en grand écart. Le clou du spectacle.
Ses compagnes de scène se nomment alors Grille d’Égout, La Sauterelle, Nini Patte en l’air et les partenaires hommes Fil de fer, Grille -Tout, Tortillard, Valentin le Désossé.

G comme Goulue

La jeune Louise Weber, avec ses aptitudes très remarquées dans la chorégraphie devient un jour La Goulue. D’où vient ce surnom? Elle le doit à son premier protecteur dénommé Goulu-Chilipane: un bourgeois habitant avenue Foch et qui l’emmène danser tous les soirs. Très rapidement, elle devient en tant que compagne de Goulu-Chilipane: La Goulue. Ensuite la légende raconte qu’en levant sa jupe, montrant sa culotte, elle a pris l’habitude de boire dans les verres des clients. De plus, elle ne rechigne pas à piquer également dans les assiettes. Le Figaro du 25 novembre 1885 brosse ainsi son portrait: «La Goulue est une Pompadour canaille, rose et joufflue qui vit pour manger. Elle a de l’appétit, des appétits et elle est appétissante. Sa frimousse est comme barbouillée de confiture». D’un caractère bien trempé, elle est connue pour son franc-parler et apostrophe les hommes de sa gouaille sans égale. On raconte qu’elle interpelle le futur Edouard VII en le tutoyant et sans aucune retenue: «Hé Galles tu paies l’champagne, ou c’est ta mère qui régale!».

J comme justice

Outre sa gouaille réputée, La Goulue a la gâchette facile. En juillet 1902, un fait divers défraye la chronique: tentative de meurtre au boulevard Rochechouart! Louise Weber plus connue sous le nom de La Goulue a tiré quatre coups de revolver sur son mari, Joseph Droxler. La «meurtrière» est arrêtée et mise à la disposition de la police du quartier de Clignancourt. «Hâtons-nous de le dire, cette tentative de meurtre n’aura pas de suite» souligne Le Figaro du 13 juillet 1902. La victime blessée légèrement refuse de porter plainte, il n’y a donc pas de poursuite judiciaire. Pourtant La Goulue n’en est pas à son premier coup d’essai: «Il y a deux ans, elle m’a déjà tiré deux coups de revolver. Nous nous trouvions alors à la fête du boulevard Ornano. Elle ne m’atteignit pas. Une autre fois six mois auparavant, elle m’avait blessé» confie son mari au Figaro. Il continue: «Ma femme est une impulsive et une inconsciente. Je lui ai pardonné et j’ai refusé de porter plainte contre elle».

M comme Moulin-Rouge

À partir d’octobre 1889, un nouvel établissement, Le Moulin-Rouge, fondé par M. Zidler ouvre dans le quartier de Montmartre. Ce splendide établissement est un cadre féerique pour la danse. La Goulue est embauchée avec Jules Étienne Edme Renaudin que l’on surnomme Valentin le Désossé, personnage squelettique au visage glabre. «Je gagnais huit cents francs par mois, ça me valait encore des cachets chez tous les princes de Paris et des tournées à l’étranger. Je faisais partie du grand quadrille» rappelle La Goulue quelques années plus tard. Le spectacle est un franc succès et tout le monde s’y presse. «Le Moulin-Rouge est envahi tous les soirs par une foule des plus élégantes. Toutes les jolies femmes de Paris s’y donnent rendez-vous, et ce n’est que justice de constater le succès toujours croissant de cet établissement le mieux fréquenté et le plus agréable en son genre. Il est vrai que la direction ne recule devant aucun sacrifice pour assurer au public des distractions de toutes sortes, la partie chorégraphique est plus en vogue que jamais avec la Goulue, Rayon d’Or, Sauterelle et un bataillon de jolies filles plus ravissantes les unes que les autres» raconte Le Figaro un an après l’inauguration de la salle. Dans ces spectacles endiablés, La Goulue avec «la jambe en l’air et les cuisses au vent» devient rapidement une des étoiles du Moulin-Rouge.

P comme Peintre

Le nom du peintre Toulouse Lautrec est indissociable de celui de La Goulue. En effet, son crayon immortalise la célèbre danseuse, ainsi que ses partenaires dans le quadrille du Moulin-Rouge. Le peintre d’Albi représente la tumultueuse de nombreuses fois illustrant ainsi la vie des cabarets parisiens. Là triomphe le Chahut. La première affiche Moulin-Rouge, La Goulue est commandée par Charles Zidler gérant du grand cabaret parisien en 1891. Depuis les affiches ont fait le tour du monde.
Collaborateur au Figaro à partir de 1892, Toulouse-Lautrec illustre notamment une étude sur Le plaisir à Paris de Gustave Geffroy dans Le Figaro Illustré de février 1894: «des aquarelles étonnantes d’ironie et de vérité» où l’on peut reconnaître La Goulue (voir photo).

La Goulue de profil à droite: illustration de Toulouse Lautrec dans «Le Figaro Illustré» de février 1894. Le Figaro Illustré 1894

«Tous les peintres m’écrivaient, ils voulaient faire mon portrait . C’est Valentin le Désossé qui me conduisit chez Toulouse-Lautrec, un gars touffu qui travaillait en blouse» raconte La Goulue dans une interview au Journal le 20 décembre 1913. Ces deux personnages hors du commun se lient d’amitié.

Après son succès au Moulin-Rouge, la danseuse s’exhibe à la foire du trône dans une baraque et demande à Toulouse-Lautrec de peindre de grands panneaux pour la décorer. Découpés en plusieurs morceaux et dispersés, ils seront rassemblés en 1929 à la mort de La Goulue par les Musées nationaux. Aujourd’hui, cette fresque est conservée au Musée d’Orsay.

T comme Tombe

Louise Weber n’est plus. Elle est décédée à l’hôpital Lariboisière à Paris le 29 janvier 1929. Or, elle souhaitait mourir dans sa roulotte, et «rêvait de ne point se séparer jusqu’à la mort de sa dernière affection: son chien sans race, Rigolo» se souvient Paris-Soir au lendemain de sa disparition. Après avoir quitté le métier de dompteuse, la Goulue tombe peu à peu dans l’oubli. En février 1918, elle confessait au Petit Journal: «J’ vends des fleurs et des bonbons aux petites femmes qui m’appellent: Maman Goulue- et je n’ai besoin de personne». Plus tard, on la voit le jour pousser une petite voiture de marchande de quatre-saisons et la nuit retrouver sa roulotte, dernier vestige de son ancienne splendeur racontent alors les journaux de l’époque.

Les obsèques de La Goulue sont célébrées le 2 février. Le char funèbre de la plus modeste classe est suivi de quelques amis, des admirateurs et d’une délégation de forains jusqu’à sa dernière demeure à Pantin. En 1992, La Goulue retrouve Montmartre: ses cendres sont transférées au cimetière de la butte. On peut lire sur la pierre tombale: «Ici repose Louise Weber, née La Goulue 1866-1929, créatrice du French Cancan». Elle a ainsi retrouvé le quartier qui avait fait sa gloire.

Claude Brunel – M. Loyal, animateur de cabaret

🎗🎗🎗Claude Brunel a été un ami proche de Christopher Memin, depuis les débuts de la carrière de Christopher, il l’a initié au trapèze et ” pris sous son aile “; il a été présent au chevet de celui-ci et l’a aidé et soutenu jusqu’au bout…♥️❤Merci et bravo, respect, Claude Brunel ” chapeau bas Monsieur ” ! ❤

PRÉSENTATION – Biographie : “Touche à tout : comédien, clown, magicien, M. Loyal, animateur de cabaret, conseiller Artistique de l’Association “Le Spectacle Autrement”, Claude Labatut de Brunel plus connu sous le nom de Claude Brunel, est ce que l’on peut appeler un homme de spectacle.Né le 30 août 1951 à Montfermeil, sa carrière sur la piste débute chez Amar en 1972 lorsqu’il remplace le M. Loyal de la maison Michel Mercier, avant de travailler pour “Achille Zavatta”, “Diana Moreno”, “Albert Rancy”, et plus tard chez “Pinder” ou chez “Arlette Gruss” dans le spectacle “Mirages”. Puis il retourne faire un tour de piste pour le “Cirque Pinder”.

Depuis 2011 Claude Brunel est aussi à l’origine des festivals du cirque du Loiret et de la Sarthe pour lesquels il revêt son habit de Ring master.Le théâtre l’occupe aussi jouant notamment avec Danielle Darrieux dans “Harold et Maude” ou dans “La Puce à l’oreille”.Avec son vieux complice Sergio, il joue le rôle d’un vieux magicien dans le “Tandem de Ringards” (voir blog16/09/2016), pièce écrite par le premier et dans laquelle les deux artistes “retraités” règlent leurs comptes à coup de répliques drôles et caustiques. Et comme toujours Claude Brunel y fait merveille.

Claude Brunel un personnage original et attachant à la gouaille si particulière avec un mélange d’humour et de dérision qui lui sont propres “Source : Le bloc-notes de Cirk75 :https://www.cirk75gmkg.com/…/claude-brunel-monsieur…Retrouvez-le actuellement au Festival du Cirque du Loiret !https://www.festivalducirque.com/❤❤❤A noter que Claude Brunel a été un ami proche de Christopher Memin, depuis les débuts de Christopher, il l’a initié au trapèze et il a été présent au chevet de celui-ci et l’à aidé jusqu’au bout…❤❤❤

Merci et bravo M. Claude Brunel, ” chapeau bas “! ❤❤❤

❤CHRISTOPHER MEMIN❤  –  BIOGRAPHIE

❤CHRISTOPHER MEMIN❤ – BIOGRAPHIE

👉👉👉Article publié le 26 mai 2012

👉Source : La Charente Libre

Trapéziste, Christophe Memin a grandi à Soyaux. D’une passion pour les arts du cirque contractée dans son enfance charentaise, il a fait un métier qu’il pratique dans un célèbre cabaret parisien.

Christophe Memin a le corps d’un athlète de haut niveau, parfaitement musclé par des heures d’entraînement quotidien. Mais il garde les yeux et le sourire d’un enfant émerveillé d’appartenir à un monde magique: celui des artistes. Depuis 17 ans, 6 jours sur 7, sous le nom de Christopher, il offre au public du «Paradis Latin» à Paris, huit minutes d’une incroyable intensité.

Suspendu à son trapèze, il multiplie les figures acrobatiques et finit par effectuer un saut spectaculaire depuis dix mètres de hauteur, en donnant l’impression de voler et plonger vers les spectateurs.

Sa passion du spectacle est née à Soyaux. Des fenêtres du HLM familial donnant sur la place du Champ-de-Manoeuvre, il a passé des heures à observer le montage et le démontage des cirques de passage, des heures à traîner entre chapiteaux et caravanes à la rencontre des artistes. Tout en pratiquant gymnastique, danse, théâtre… et en inventant des spectacles de trapèze sur le portique de ses grands-parents, plusieurs fois brisé par ses acrobaties fougueuses. «Passe ton bac d’abord» lui disent ses parents. L’élève du lycée Guez-de-Balzac s’en acquitte en 1989. L’été, il repart en vacances avec le cirque Pinder Jean-Richard comme déjà les trois étés précédents, mais cette fois-ci, il y reste.

“C’est avec une émotion intacte qu’il évoque ce 20 septembre 1989 où le trapèze est devenu son métier, lui dont la famille est totalement étrangère au monde du spectacle. C’était à Saint-Palais près d’Orthez. Il dit avoir hésité avec une carrière de dompteur. Mais aux crocs des lions, il a préféré le vide. Même pas peur? Et bien si! Même après tant d’années de pratique, elle est toujours là. «Les trapézistes ne sont pas des kamikazes. On fait et refait des exercices pour maîtriser sa peur mais le pire danger c’est l’excès de confiance». Son talent reconnu lui a valu de passer deux fois à la télé, dans «Le Plus grand cabaret du monde» de Patrick Sébastien en 1999 et en 2007.

Une hauteur sous plafond de 17 mètres«Je ne connais pas d’autre cabaret au monde où un trapéziste effectue son numéro dans la salle, au-dessus des spectateurs», souligne le modeste Christopher avec un soupçon de fierté. Son numéro est sans conteste l’un des pics d’adrénaline de la revue «Paradis à la folie!» qui perpétue avec éclat l’esprit si parisien du cabaret.

Conçu par Gustave Eiffel, le «Paradis Latin» dispose d’une hauteur de plafond de 17 mètres côté salle, une configuration exceptionnelle sans laquelle ce moment de haut vol serait impossible. C’est entre les tables, à portée de mains des spectatrices (et spectateurs) que Christopher démarre son ascension vers le ciel du «Paradis Latin». Les jambes en équerre, à la force des mains et des bars, il monte presque en totalité la corde donnant accès à son perchoir céleste… sans jamais cesser de sourire. «C’est le moment que je préfère. Je vois les gens, leurs yeux. Ils peuvent comprendre la difficulté de l’exercice» avoue Christopher.

Le public? Christopher y pense sans cesse. Tout en se balançant, il observe les regards, mesure les réactions alternant entre admiration, enthousiasme, plaisir et peur. Avec l’esprit d’un chorégraphe, il veille justement à ce que son numéro ménage une variété d’émotions et il le fait évoluer régulièrement.

«La différence entre un trapéziste et un sportif de haut niveau, c’est qu’on n’est pas dans la recherche du toujours plus. Il y a un moment où l’on stabilise les exercices pour se concentrer sur leur enchaînement, sur le choix de la musique et du costume. On travaille pour faire plaisir aux gens».

Au «Paradis Latin», son numéro fait partie des traditions maison, au même titre que le french cancan et le final en blanc. Mais l’idée de routine lui est étrangère. La quarantaine passée, l’enthousiasme est toujours là, chevillé à un corps tendu et sensible qui réclame chaque soir sa dose de sensations aériennes enveloppées par les regards admiratifs du public.

👉Source : La Charente Libre


Décés de Christopher Mémin : 17 septembre 2021

Article : Une publication officielle du PARADIS LATIN annonce le décès de Christopher Memin.