LIDO, 75 ANS D’ÉLÉGANCE ET DE GLAM

Le célèbre cabaret parisien rouvre ses portes, plus motivé que jamais pour enfiévrer les nuits parisiennes.

 A la Belle Époque, on l’appelait « la plage de Paris » bien qu’elle fût sur l’île du Lido, dans la lagune de ­Venise. Alors, entre les deux guerres, par un jeu de miroir, Venise et la plage du Lido inspirèrent la décoration d’un nouveau lieu de divertissement et de baignade réservé aux classes huppées, installé sur les Champs-Élysées : le Lido, alors situé au 78 de la « plus belle avenue du monde ». En 1936, Léon Volterra en prend la direction et remplace la piscine par une salle de spectacle. Mais ça n’est que dix ans plus tard, en 1946, sous l’impulsion des frères Clerico (Joseph et Louis, les nouveaux propriétaires), que le Lido trouve sa vraie vocation et devient l’un des établissements de « dîner-spectacle » – une formule « inventée » par Pierre-Louis Guérin et René Fraday – les plus célèbres de la planète. L’arrivée, dès 1948, de Margaret Kelly alias « Miss Bluebell » et de sa compagnie de danse scelle ­définitivement la réputation « chic et glam » du cabaret parisien. Le Tout-Paris s’y bouscule. Victime de son immense succès, l’établissement doit s’agrandir et déménage en 1977, un peu plus haut sur l’avenue, au 116 bis. Il se dote alors d’une salle panoramique et d’un plateau technique moderne et ingénieux, entièrement repensés et rénovés en 2015 ; 6 000 m2 et 1 132 places.

Soixante-quinze ans après la ­présentation de la première revue (Sans rime ni raison, en juin 1946), le Lido rouvre ses portes le 16 septembre après la longue parenthèse de la crise sanitaire. Pour célébrer sept décennies et demie d’existence, le cabaret a intégré un nouveau ­tableau, baptisé Inoubliable, à la célèbre revue ­Paris-Merveilles, conçue et mise en scène par Franco Dragone et qui tient l’affiche ­depuis avril 2015. Inoubliable, nous promet-on, doit reprendre sept des plus beaux tableaux tirés de cinq revues mythiques : Allez Lido ! (1977), ­Cocorico (1981), Panache (1985), Bravissimo (1990) et C’est magique ! (1994).

Pour ce spectacle de reprise, le ­pré-show a naturellement été relooké aussi. Les écrans qui habillent la scène diffuseront des vidéos ­exclusives, permettant au public de plonger dans les coulisses du ­cabaret : préparations des artistes, répétitions. Pendant cette première partie de soirée, les spectateurs pourront de plus participer au show qu’exécuteront, en salle, le maître de cérémonie et quelques Bluebells. 

« Depuis 75 ans, les -visiteurs du monde entier découvrent un show qui ré-enchante la Ville -lumière au travers d’un subtil -mélange d’élégance, de glamour et de modernité ».Marc Malraux